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Interview GARI après le concert à Japan Expo
Par T'CharleS, le 15-07-2007 à 12:11:00
Quelques heures après le grand succès de leurs concert et séance de dédicaces à Japan Expo, le groupe nous recevait pour une petite interview.
Dédicace de GARI à Japan Expo
mimu : Bonjour et félicitations pour cet excellent concert !

GARI : Merci, vraiment.

mimu : Pour ceux qui ne vous connaitraient pas encore, pouvez-vous vous présenter ?

GARI : Enchanté, nous c'est GARI et notre groupe compte 4 membres : Kei Kusakabe à la batterie, Naoki Fujimoto à la basse, Yutaka Dokko à la guitare et YOW-ROW au chant.

mimu : Quelles sont vos premières impressions sur la France, et les réactions du public français lors de votre concert ?

GARI : Beaucoup de japonais ont une image assez haut de gamme, voire précieuse de la France et des Français. Et finalement en découvrant le pays, en rencontrant des gens on a découvert que ce haut standing était tout à fait vrai mais dans un sens qualitatif, pas dans un sens prétentieux. Et puis c'est très facile de communiquer avec les gens et il y a vraiment quelque chose qui passe.

mimu : Votre musique est particulièrement "over-produced" avec une profusion d'effets, aussi comment abordez-vous le live ? Comment transcrivez-vous les arrangements studio en concert ?

GARI : Adapter la musique studio pour le live, ça a toujours été et c'est toujours le principal challenge du groupe. D'autant plus que beaucoup de formations qui jouent beaucoup avec les effets ont tendance à sous-estimer les différences de conditions en live et du coup perdent leur son en live; alors qu'au contraire l'optique de GARI est d'arriver à conserver cette même impression qu'on peut avoir en écoutant un de nos CD et en nous écoutant en concert.

mimu : Vous avez sorti en l'espace de 2 ans deux albums, un album de remixes et un mini-album. Comment travaillez-vous pour obtenir un tel rendement ?

GARI : En fait notre période indies a été beaucoup plus longue que la moyenne puisque nous avons été indies pendant 7-8 ans et pendant tout ce temps on a vraiment rongé notre frein parce qu'on ne pouvait pas sortir de CD à notre guise, on ne pouvait pas poser notre son comme on le voulait. Du coup quand on a pu sortir notre premier album on a mis le maximum dedans, mais il nous restait encore énormément de choses prêtes à être couchées sur CD ! Du coup ce qui peut paraître rapide pour des artistes au parcours plus standard est simplement le résultat d'une longue frustration, l'expression de ce besoin qu'on avait de faire naître sur CD toutes nos idées... et il en reste encore !

Dédicace de GARI à Japan Expo
mimu : Justement vous êtes passés major en 2005 et il y a une question qui nous intéresse toujours beaucoup sur les groupes tout juste sortis de leur phase Indies : est-ce qu'auparavant vous pouviez vivre de votre musique ?

GARI : Hélas, pendant toute notre période indies, bien qu'on ait sorti quelques CDs comme on pouvait on n'arrivait clairement pas à gagner notre vie rien qu'avec notre activité artistique, et donc on avait tous un travail à côté.

mimu : Et maintenant que vous êtes chez Victor ?

GARI : Maintenant, pour la première fois, on peut vivre de notre musique !

mimu : A de rares exceptions près, JVC apporte assez peu de soutien à ses artistes au niveau médiatisation. Alors qu'est-ce que ça a changé pour vous le passage en major, concrètement ?

GARI : La principale différence c'est que, comme je l'évoquais, avant le passage en major on était vraiment obligé de travailler à côté, c'était totalement impossible de se consacrer uniquement à la musique et de s'y donner à 100%. Alors que maintenant nous sommes dans un contexte où nous pouvons passer 24 heures par jour et 365 jours par an à nous concentrer sur notre musique. Et ça c'est la meilleure chose qui pouvait nous arriver, on est vraiment très heureux de cette situation.

mimu : Quelle vision avez-vous du marché japonais ? Est-ce difficile de s'y faire une place, en particulier face à des artistes commerciaux qui disposent de moyens nettement plus importants ?

GARI : Comme partout dans le monde, au Japon les temps changent dans le business de la musique avec tout ce qui est ipod, téléchargements, etc... Du coup le monde de la musique prend une forme différente et notre avis c'est qu'il ne suffit plus d'avoir une grosse force de frappe financière pour faire marcher un groupe. De plus en plus ce qui va compter c'est les idées, l'innovation, comment s'adapter aux évolutions du marché. Du coup tous les artistes, y compris les artistes pop qui marchaient bien sur le modèle qui avait cours jusqu'à présent doivent repenser leur façon de faire et ça met un peu tout le monde à égalité. On pense que ce phénomène donne sa chance à des groupes nouveaux ou innovants par rapport aux années de la bulle économique où c'était l'argent qui dominait tout et où il suffisait de mettre du budget pour qu'un artiste marche. Donc pour un groupe comme GARI la situation actuelle est plus favorable.

Dédicace de GARI à Japan Expo
mimu : Justement, quelle est votre opinion sur l'explosion du téléchargement légal au niveau mondial, comptez-vous vous placer sur ce marché ?

GARI : En tant qu'artistes notre souhait c'est de faire connaître notre musique, c'est littéralement "créer et transmettre". On n'a jamais pensé notre musique pour le CD ou un autre medium en particulier. Le plus important pour nous c'est de toucher du public. Et réciproquement si on veut ou on doit changer de support de diffusion ça ne nous pose pas de problème, contrairement à des artistes dont la stratégie commerciale est intimement liée au CD.
De plus, le développement du téléchargement légal ouvre de nouvelles possibilités et ça sera peut-être l'opportunité pour nous d'aller toucher un nouveau public.

mimu : Que répondez-vous à ceux qui disent que les japonais ne font que copier la musique occidentale, reproche que l'on pourrait faire de prime abord au style de GARI qui a de fortes influences européennes et américaines ?

GARI : En fait, originellement il n'y avait pas vraiment de rock, ou de dance/electro au Japon. Mais il y avait des gens qui voulaient en faire et il a bien fallu s'inspirer de quelque chose d'existant pour avoir un premier support de création. Il s'est donc trouvé que des styles musicaux occidentaux sont arrivés au Japon et que des gens ont commencé d'abord par les copier. Et c'est vrai qu'il y a quelques années, beaucoup d'artistes ne faisaient que copier mais au final c'est copier dans le but de s'appropier un genre pour pouvoir passer à l'étape supérieure : celle d'ajouter à ce genre occidental une touche typiquement japonaise et en sortir quelque chose de nouveau. Par exemple, le visual kei, qui connait à l'heure actuelle un certain succès en Europe, a très certainement eu dans ses débuts une source d'influence dans la new-wave anglaise. Mais toute cette inspiration occidentale a finalement été réarrangée à la sauce japonaise et ça a aboutit à quelque chose de différent. (NDT: L'influence occidentale relève aussi souvent beaucoup plus de la vision qu'en ont les japonais, d'un certain fantasme vis-à-vis de l'Occident.) C'est un processus intéressant car il débouche sur la naissance de nouveaux types de musiques et c'est un peu ça l'atout du Japon en général et de GARI en particulier sur le plan musical.

mimu : En écoutant les deux albums et le mini-album, on a eu l'impression qu'il y avait une nette différence au niveau du concept. Sur les deux full-length on sent vraiment vos influences, chaque chanson a son univers et ses références exploitée à fond, alors que sur Neo Radio Station on a l'impression qu'on navigue beaucoup plus entre les genres à l'intérieur même des pistes. Alors est-ce que c'est nous ou bien il y a vraiment une différence de fond ?

GARI : e.go.is.tick, en tant que premier album, a fini par devenir une sorte de tribute album dans la mesure où tous les artistes qui nous ont influencé ont directement marqué notre son. Neo Radio Station, qui est sorti un an après, est plus proche de ce qui est pour nous le son de GARI parce que, comme on l'évoquait, après avoir juste subi les influences, on s'approprie petit à petit la musique et on en fait quelque chose de bien à nous. Donc il y a bien une évolution, positive, entre e.go.is.tick et Neo Radio Station.

Dédicace de GARI à Japan Expo
mimu : Une question pour YOW-ROW : Sur le plan vocal tu as une grande capacité à jongler entre des raps aigus et tranchants et des passages en voix pleine et claire, et ce même avec une aisance surprenante en live. Est-ce que cela te demande un travail particulier pour maîtriser ces deux façons de chanter et passer sans transition de l'une à l'autre ?

YOW-ROW : En fait je suis venu au rap relativement tard. Au début je ne faisais que chanter mais dès la première fois que j'ai écouté du rap ça m'a parlé et je me suis dit que c'était le moyen idéal pour transmettre une autre énergie, des trucs un peu plus offensifs, un peu plus directs. Du coup je me suis mis au rap en plus du chant. Je pense par contre que c'est vrai qu'il y a peu d'artistes qui cumulent les deux. Dans les groupes il y a en général quelqu'un qui rappe et quelqu'un qui chante donc le fait de cumuler les deux ça représente un challenge supplémentaire et pas mal de travail mais j'y prend beaucoup de plaisir.

mimu : Quels sont vos attentes et vos objectifs sur le marché français ? Qu'est-ce qui vous a poussés à vous y lancer ? Est-ce que passer dans une convention dédiée au Japon, même si elle a une dominante manga/animation, est un passage obligé pour se faire connaître ?

GARI : Pour nous jouer à la Japan Expo qui est un festival axé sur le Japon est une bonne chose parce que ça nous permet d'avoir un public qui, s'il n'est pas acquis d'avance, aura plus facilement tendance à aller nous découvrir, à aller vers nous. De ce point de vue c'est une très bonne expérience. Mais à l'avenir on aimerait vraiment participer à des festivals de musique, jouer avec d'autres artistes parce qu'il y a pas mal d'artistes français pour qui on a beaucoup de respect.

mimu : Et quels artistes français appréciez-vous ?

GARI : Parmi ceux qu'on aime vraiment il y a tous ceux du label Kitsuné et en particulier Daft Punk, et puis aussi rinôçérôse pour en citer quelques-uns. Et en tout cas par rapport à notre style musical, ce sont les artistes français qui sont les plus innovants. On sent comme une effervescence et vraiment à terme on aimerait partager des scènes avec des artistes français. Et puis c'est une coïncidence mais avant même de penser à sortir des CDs en France ou de venir en France un de nos groupes préférés, c'est les Silmarils.

Dédicace de GARI à Japan Expo
mimu : Les Silmarils ont l'air d'avoir vraiment la cote parce que les BOMB FACTORY nous avaient dit la même chose lors de leur passage en France en 2005.

GARI : Ah, les BOMB FACTORY ! On est potes avec eux depuis notre période indies où on a passé pas mal de temps ensemble. Ils nous avaient raconté comment ils s'étaient retrouvés faire la première partie des Silmarils et à l'époque on avait discuté de la France et du public français.(La discussion se poursuit une petite minute au sujet des BOMB FACTORY et de leur dernier passage en France).

mimu : Dernière question : quels sont vos projets après votre petite tournée européenne ?

GARI : Après la tournée on va rentrer au Japon où on a d'autres lives de prévus et puis on va tout de suite commencer à travailler nos prochains morceaux pour notre prochain album. Et puis on a aussi une date à Taïwan le 29 Juillet dans le cadre du Formose Festival.

mimu : Merci pour toutes ces réponses et bonne chance pour la suite !

GARI : Merci à vous.

(L'interview se termine par une petite séance de dédicaces improvisée, le temps pour GARI de nous dessiner deux mikan à retrouver dans notre galerie de mikan !).

Préparation et Interview : Shito, T'CharleS
Traduction : Sae (SOUNDLICIOUS)
Transcript : T'CharleS
Remerciements : GARI et tout son staff, Victor Entertainment, Sae Cibot et l'ensemble du staff de SOUNDLICIOUS.
Photos prises lors de la séance de dédicaces.
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