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| Live report | Yaneka au J-music Festival (Lyon, 31-05-2008) |
Par Shimoa, le 12-06-2008 à 21:07:00
■ Yaneka, intrus parmi les invités français du festival J-music ?
Et la tâche ne s'annonçait pas facile ! Qu'allait penser le public du style particulier de Yaneka après 4 assauts de guitares riches en calories ?! Le duo arriva sur scène avec discrétion, s'occupant des réglages tranquilou : le public les ignorait presque. Puis le début, le vrai, est arrivé. On ressentit un léger déboussolement dans la salle, passant d'un Visual Kei tout en puissance à un Yaneka tout en mesure. Au début, le public semblait presque intimidé... et lors des tentatives de Chiyako pour parler français, c'est tout juste si nous réagissions. Mais petit à petit, la rythmique de Yaneka s'empara de la salle, et la seconde moitié du concert fut passée à taper des mains non-stop ! Mais comment en sommes-nous arrivés à cette ambiance ?
Yaneka, ça se regarde autant que ça s'écoute. Ils le disaient dans l'interview, la mise en scène est essentielle à leur yeux. Mais ce soir-là , le duo prit la scène comme il la trouva, avec une batterie estampillée The EVILS par exemple. On peut ressentir ce léger regret de ne pas avoir vu évoluer Yaneka dans son univers, mais ma foi, on ne peut pas tout avoir. Un point qui a donné satisfaction fut celui du volume, parfaitement dosé. Le revers de la médaille, c'est que certains (certaines...) en profitèrent pour discuter... et il ne fait aucun doute que nos deux artistes les entendaient.
■ Un univers musical et visuel
Yaneka, c'est de la musique, mais c'est aussi de la danse. Chiyako passa ainsi une bonne partie du live à se mouvoir tel possédée (dans le bon sens du terme) par une force extérieure, le visage parfois même agressif, elle qui est si souriante hors scène. Vocalement, Chiyako sert un chant parfois aérien, parfois murmuré, par moments évoquant même des bruits d'oiseaux. Quant aux paroles, elles alternent Japonais, Anglais, et "Yaneka language" (où les cordes vocales ne produisent plus que des sons au lieu de mots).
Parlons maintenant de Yuuichirou. Le guitariste, l'air concentré d'un mec complètement dans sa musique, captiva une bonne partie du public par l'utilisation faite de son instrument ! Il frappe presque autant sa guitare qu'il la gratte, tantôt sur les cordes, tantôt sur le bois. Et l'étendue de son jeu est vaste : ainsi un archet de violon vint remplacer le médiator, puis il utilisa un petit maillet de percussion (voir ci-contre), et un boîtier émettant un laser bleu... un outil que je peine encore à identifier.
■ Présence scénique indéniable et grande complicité
Le milieu du concert donna au duo l'occasion de démontrer un peu plus leur complicité frère/sœur. Arriva ainsi un moment où le public était tellement dedans, où Yaneka a dû se sentir tellement bien, que quelque chose changea. Yuuichirou levait plus la tête, puis jouait même avec sa sœur, celle-ci lui faisant des grimaces ou mine de le frapper ! Notre guitariste se mit également à frapper plus fort, plus vite sur sa guitare, créant une mélodie emportée tandis que Chiyako adoptait des mimiques à la limite du rock'n'roll, sautillant un peu dans tous les sens. Complètement en rupture avec les mouvements langoureux qu'elle adoptait jusque là ! A cet instant, le groupe donnait vraiment l'impression de se sentir à l'aise. Chose qu'on aurait eu du mal à imaginer quelques minutes plus tôt, lorsque Chiyako nous demandait "Do you like our music ? ...Is that okay ?", sur un ton pas assuré à la limite du "Si c'est trop nul dites-le". Une nouvelle preuve de l'humilité des Yaneka qui, s'ils ne peuvent s'enorgueillir de ventes astronomiques, pourraient bomber le torse d'un talent incontestable.
Et voilà comment au bout de 9 chansons nous arrivâmes au terme de ce concert. Pensions-nous être au bout de nos émotions ? Peut-être. Yaneka appela les 4 autres groupes à les rejoindre sur scène pour les remerciements finaux. Des groupes avec qui à part l'affiche, Yaneka ne partage pas grand chose. Les artistes et le public se remercièrent mutuellement, et les Yaneka furent les premiers à quitter la scène. De mauvais présage pour un rappel, d'autant que même si l'envie y était chez le public, celle-ci ne s'exprimait pas explicitement. Mais peu après, ce fut le retour, et au terme de nouveaux remerciements, tout notre beau monde quitta la scène... excepté Yaneka... et le batteur d'AtOsmk !! Ce dernier s'était installé à la batterie pour mettre un peu d'ambiance aux adieux, et sur un coup de tête, feeling, ou que sais-je, il resta quand tout le monde s'en allait. Yes, he stayed. Surpris, les Yaneka vont le voir. Et plutôt que l'inviter à quitter la scène, nos compères ont au contraire donné quelques instructions à l'intrus, avant d'entamer la chanson du rappel ! Au début, le batteur n'osait pas trop y aller. Puis il se mit à chatouiller sa cymbale. Yuuichirou, en tuteur, se retournait vers lui pour le guider. Petit à petit, notre nouveau Yaneka se sentit à l'aise et frappa sa batterie de plus en plus fort. J'ai admiré le naturel avec lequel son son s'est fondu dans la musique, et ce dernier morceau restera un de mes préférés.
Cette fois-ci c'est fini pour de bon, et le bilan fut globalement positif. Menacé par l'annulation de GARI, ce premier J-Music Festival aura tout de même eu raison de se maintenir ! A la sortie, l'enthousiasme de lisait sur tous les visages. Au point que le staff organisa une séance de dédicaces un peu à l'improviste ! Un staff que je souhaiterais justement remercier, pour sa disponibilité, sa sympathie, sa convivialité. De même que Yaneka bien sûr, là aussi très disponibles, naturels, et "accessibles".
Setlist du concert :
01- Passing through
02- Free
03- √2
04- Halmstad
05- Asuka
06- Solitude
07- SOMALIA
08- Shamisen Song
09- Rajasthan tanze
10- Black coral
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Rappel : Que sera (feat. Kernel d'AtOmsk)
Voir le MySpace de Yaneka
Voir le MySpace du J-Music Festival
Voir le site officiel de Yaneka
















