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Article BETTA FLASH : Interview et live report @ Japan Expo 2008
Par Shito, le 06-08-2008 à 00:06:00
C'était a priori le groupe le plus prometteur dans la line up du JE's Live House, et il ne nous a pas déçu : le duo féminin BETTA FLASH nous a ainsi fait découvrir à l'occasion de ses deux concerts un univers electro-éthnique superbe ouvert à un large public...
BETTA FLASH
Le moins que l'on puisse dire toutefois c'est que BETTA FLASH n'aura pas fait déplacer les foules en masse, qu'il s'agisse de l'un ou l'autre de ses deux concerts sur le festival. Facile deux fois moins de personnes que pour SCANDAL, et qui plus est une bonne part de visages visibement ennuyés du côté des spectateurs les plus jeunes et/ou les plus empreints d'influences Visual Kei. Heureusement tout le monde n'était pas là faute de mieux, en attendant un concert plus riche en guitares saturées et en nombrils épilés. Et ceux-là ont pu assister à deux prestations plutôt convaincantes.

■  Un rendu live décevant pour des compositions très inspirées

BETTA FLASH
Commençons tout de même par mentionner la faiblesse de BETTA FLASH : la présence scénique. Certes Cyua est fort jolie et elle fait ce qu'elle peut avec ses petites danses pour meubler sur les portions instrumentales. Mais tout de même, une chanteuse derrière son micro et une clavériste plantées derrière ses synthés c'est un spectacle un peu léger pour illustrer une musique à l'instrumentation très riche et au rythme parfois marqué... C'est d'ailleurs sur une base assez uptempo que démarre le concert du samedi, sur la chanson BEYOND. Cyua s'empare ensuite d'un mégaphone pour interpréter BETTA, un morceau electro plus expérimental, où l'on se demande tout de même à quoi sert TAMAYO tant elle semble se contenter d'appuyer sur un bouton de temps en temps tandis que se déroule une bande instrumentale... Le public écoute sagement, y compris quand l'atmosphère prend une tournure plus dance avec 6th body, pour le coup très convaincante avec son beat percutant et sa ligne de piano. La prestation de Cyua tout au long du concert est remarquable, sa voix prend tour à tour de la rondeur ou des accents plus éthniques, à l'image d'Erinyes, superbement planante avec ses envolées impressionnantes sur le final, qui pour le coup semblent enfin faire l'unanimité parmi le public. Verdict encore plus favorable pour Nazarée qui ne faillit pas à sa réputation de bijou live : servie par une excellente acoustique dans la salle, la chanson abandonne progressivement ses drums puissants pour adopter une tonalité plus arabisante très réussie.

BETTA FLASH
Les arrangements comme la prestation vocale ont beau être convaincantes, on ne peut toutefois nier une certaine frustration quant au rendu live d'ensemble. En interview TAMAYO nous affirmait n'avoir aucune difficulté à aborder le passage de ses morceaux sur scène; pour le coup le doute reste permis. BETTA FLASH gagnerait sans doute énormément à ce que plus d'instruments soient joués en live, à commencer par les percussions, omniprésentes, qui prendraient sans doute une toute autre dimension... Cette frustration se double par ailleurs de francs doutes sur le rôle de TAMAYO, à l'image de l'accordéon sur HORIZON dont TAMAYO semble jouer les notes au synthé sans que l'on perçoive une quelconque différence de rendu ou de mixage avec la version studio. Le concert s'achève finalement sur le long AGATA qui manque de peu d'endormir les plus jeunes spectateurs de l'assistance, et dont on déplorera effectivement le manque d'âme là où encore une fois la prestation superbe de Cyua est ternie par la platitude de la bande instrumentale pré-enregistrée.

Interview

BETTA FLASH
■  Pour commencer, pourriez-vous vous présenter ?
Cyua : (en français) Je m'appelle Cyua de BETTA FLASH.
TAMAYO : (en français) Je m'appelle TAMAYO.

■  Pouvez-vous nous parler un peu de vos parcours personnels ?
C : Après mes études au lycée, je n'ai fait que de la musique, j'ai beaucoup chanté en solo dans des clubs, des cafés, et j'ai parcouru le Japon dans des gakuen-sai (NdT: fêtes qui se déroulent dans les universités) avant de rencontrer TAMAYO.
T : J'ai commencé la musique à 4 ans, avec le piano, puis après le lycée j'ai travaillé comme compositrice dans une boîte de jeux vidéos jusqu'au jour où j'ai rencontré Cyua.

■  Quelle est la signification de "BETTA FLASH" ? Ce serait en rapport avec un poisson ?
C : Exactement. Il existe un poisson appellé betta, c'est un poisson magnifique mais assez bagarreur (Tamayo nous montre un dessin du poisson sur le dossier de presse). Cela crée un paradoxe.

■  ...et le "flash", comme vous le mentionniez dans une interview au Japon, vient de "Honey Flash" ?
T : (rires) On peut voir ça comme ça.
C : Par ce mot je veux en quelque sorte exprimer ma "force cachée".

■  Vous nommez votre style musical "Intelligent Tribal Techno", pouvez-vous nous expliquer ce concept ?
T : Notre musique est le reflet d'influences tribales et surtout ethniques, à partir des musiques traditionnelles de beaucoup de pays. En résumé notre musique est un mix de musique éléctronique et traditionnelle. (A cet instant, le visage de Tamayo se tord de douleur : elle s'est visiblement mordu la langue, ce qui va faire rigoler Cyua pendant un moment)

BETTA FLASH
■  Et on se demandait, pourquoi "Intelligent" ? Y a-t-il une "Stupid Tribal Techno" ?
(rire général) T : Euh... comment dire... oubliez ce mot en fait. (rires)

■  Tamayo a beaucoup travaillé dans le monde des jeux vidéos, et la Japan Expo rassemble d'ailleurs de nombreux fans de jeux : qu'est-ce qui vous attire dans ce domaine ?
T : C'est un sentiment agréable quand on arrive dans le monde du jeu vidéo que de pouvoir exprimer sa créativité, faire ressortir son potentiel malgré le cadre imposé d'un milieu où l'on n'a pas forcément toujours beaucoup de liberté.

■  Nous avons vu que Tamayo est toujours créditée aussi bien pour la compo que l'écriture. Et pourtant, elle dit du processus de création que c'est du 50/50. Comment ça se passe alors, quelle est le rôle de Cyua ?
T : C'est vrai que c'est moi qui compose, mais c'est réellement du 50/50... c'est dur à expliquer, mais si on n'est pas toutes les deux, il n'y a pas de BETTA FLASH.

■  Vous avez dit que l'enregistrement de votre mini-album fût difficile. En quoi, y a-t-il eu des problèmes particuliers ?
T : Eh bien... nous voulons vraiment mettre toute notre énergie dans chaque chanson, ce qui finit par prendre beaucoup de temps. Il nous arrive également de faire des recherches ou de partir en voyage pour l'élaboration d'une chanson, ce qui là aussi coûte du temps.
C : Oui, nous voulons que la passion soit palpable dans chaque chanson.

BETTA FLASH
■  La plupart de vos paroles sont d'abord écrites en japonais puis traduites en anglais, pourquoi ce choix de chanter en anglais ?
T : Il est plus facile pour nous de composer en japonais, mais nous préférons les sonorités de l'anglais. Et il nous arrive de chanter en Betta-go (ndt : "-go" est le suffixe qu'on met après chaque nom de langue), un language que nous avons créé nous-même.

■  Qu'est-ce que le Betta-go alors ?
C et T : C'est vraiment un language qui nous est propre. Il y a des fois où l'on n'arrive pas à exprimer des choses avec les mots qui existent, ou des moments où l'on n'a pas envie d'utiliser le japonais ni l'anglais. On a recours au Betta-go dans ces cas-là.

■  Une de vos chansons s'appelle BETTA : on pourrait penser à son nom qu'elle vous représente et pourtant elle s'avère très différente des autres, avec des influences jazzy voir shibuya-kei.
C et T : (rires) eeh, Shibuya-kei ??

■  Cette chanson rappelle notamment certains travaux de Pizzicato Five...
C et T : Pizzicato Five ? Je vois ce que vous voulez dire. Après, cette chanson est-elle différente des autres... je n'ai pas ce sentiment. Je peux dire en tout cas qu'on a voulu faire une chanson légère, avec une impression de plénitude.

BETTA FLASH
■  Vous nous parlez de légèreté, néanmoins vos paroles ne sont pas très gaies : des histoires de harcèlement, d'un monstre au corps composé de huit morceaux,... Pourquoi ce constraste ?
T : On a voulu symboliser le coeur humain, la façon dont les hommes sont pris dans le tourbillon de la vie, c'est pourquoi tantôt c'est sombre, tantôt plus léger.
C : Vous avez vraiment lu les paroles avec attention !

■  C'est bien normal ! Parlons maintenant de Nazarée, qui semble être votre chanson la plus populaire en live, et témoigne d'une composition très intéressante car très variée. Quelle est l'histoire de cette chanson ?
T : Hmm... c'est dur à expliquer. L'idée est que pour tout le monde, le monde commence au moment où on ouvre les yeux. Pour certains, le monde est tel qu'ils l'ont construit dans leur tête. Puis en ouvrant les yeux et découvrant le monde, ces gens sourient et le monde brille dès lors qu'ils sourient. Mais ils peuvent ensuite vouloir que ça s'arrête, vouloir mourir, et en fermant les yeux, le monde s'arrête. C'est vraiment compliqué à expliquer... (rire gêné)

■  La chanson AGATA relate l'histoire de Izanagi et Izanami, les Dieux primitifs. Pourquoi avoir voulu reprendre ce thème et pourquoi cette chanson est-elle deux fois plus longue que les autres ?
T : Cette chanson raconte l'histoire du Japon, et c'est une histoire longue à raconter, c'est pourquoi cette chanson est plus longue que les autres. Quant à savoir pourquoi ce choix, c'est tout simplement parce qu'il s'agit de la toute première histoire d'aamour du Japon, cela nous a semblé un thème intéressant.

BETTA FLASH
■  Souvent les artistes electro confient qu'il est difficile de retranscrire en live l'ambiance qui règne de leurs productions studio, notamment faute d'instruments sur scène. Comment abordez-vous la problématique des arrangements live ?
T : Nous ne pensons pas que cela soit si difficile que cela. Pour nous l'ambiance est similaire : il suffit d'avoir du bon son, de bons instruments, et le rendu sera à la hauteur de nos attentes.

■  Quels sont vos projets pour les prochains mois, à votre retour au Japon ?
T : Et bien tout d'abord il y aura un album full length en octobre.
C : Eeeeh ? Oops ! (Cyua ne semblait pas au courant, mais se rendant compte qu'elle a fait une bourde en s'étonnant ouvertement, elle tente de reprendre pieds mais trop tard : fou rire général !).
T : Nous aimerions aussi sortir un album de remixes club pour février. Et puis surtout enchaîner beaucoup de concerts, de live.
C : Oui nous souhaitons vraiment pouvoir nous produire en live, au Japon seulement pour le moment.

■  Merci infiniment pour toutes ces réponses ! Pour terminer, acceptez-vous de sacrifier à notre petite tradition en nous dessinant une mikan ?
(Tamayo tout d'abord puis Cyua s'exécutent bien volontiers. Le résultat est à découvrir ci-dessous et dans notre galerie de mikan !)

Cyua (BETTA FLASH)
Tamayo (BETTA FLASH)


Interview préparée par Shito et Shimoa - Photos : Florian Dupont. Reproduction partielle ou totale du texte et des images interdite.
Merci à J-music Live, Maureen, Rightsscale Inc. et le staff de Japan Expo
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