mikan music articles
Traduction d'interview Namie Amuro - Traduction d'interview - The Times (UK)
Par Shito, le 27-01-2005 à 01:00:00
■  Retour de la reine de la J-pop - LEO LEWIS (The Times (UK) - 26/01/2005)

Les pop stars japonaises atteignent des sommets et déclinent rapidement. Mais le retour de Namie Amuro a mis fin à cette situation.
La musique pop japonaise est d'une efficacité sans pitié. Elle transforme des inconnus en chanteurs, des chanteurs en idoru (idoles), et fait dépenser des milliards de yens à des millions de fans. Puis, après quelques années d'hystérie, elle renvoie à nouveau les idoru au néant. Ce principe ne connaît pas d'exception.

Mais le monde de la J-Pop ne s'est jamais montré conciliant avec Namie Amuro, une beauté obstinée qui a démontré que cette grosse machine musicale possède un échappatoire. Au milieu des années 90, elle était une idole tout ce qu'il ya de plus classique : plus connue au Japon que n'importe quelle star occidentale, et initiatrice d'un look adolescent qui dicte encore le cours de la mode à Tôkyô.

On la supposait finie lorsqu'elle s'est mariée il y a 7 ans, stupéfiant ainsi le Japon en annonçant de plus être enceinte à l'âge de 21 ans. Quand sa mère fut assassinée par l'oncle d'Amuro, il semblait peu probable que la starlette refasse un jour surface.

Au lieu de cela, elle a entrepris la plus grande tournée jamais effectuée par un chanteur japonais et son dernier album en date a atteint la deuxième place dans les charts. Elle se montre même optimiste quant à une possible tournée européenne.Mais ce revirement va à l'encontre de tous les modèles sociaux qui vont avec le monde de la musique. Elle a notamment enduré un divorce pas très propre d'avec son célèbre mari, ainsi qu'une tragédie familiale. Elle a défié à maintes reprises les patrons de sa maison de disques. D'une manière qui dérange quelque peu l'industrie, son retour sur le devant de la scène s'est fait sans la déferlante médiatique que les têtes pensantes de la J-Pop ont toujours considérée comme essentielle.

Dans sa première interview avec un journal non-japonais, Amuro dit: "Même mon meilleur ami disait que j'étais finie, mais je pense que je suis peut-être un peu différente des autres. Ma popularité a chuté il y a trois ans et je n'ai pas cherché à courir après la publicité. C'était un véritable challenge pour moi d'être à la hauteur des attentes de mes fans."

Il y a une atmosphère de mélancolie qui entoure Amuro. Quand elle s'est fait faire son premier tatouage, cela engendra une gigantesque vague à travers le Japon. Son dernier en date est un sombre hommage à sa mère sur le haut de son bras gauche. Tout cela va à l'opposé de la tradition idoru. Les starlettes japonaises se sont toujours fait un nom par leur caractère irrémédiablement genki - c'est à dire énergique et vivace. Elles sont conçues pour être idiotes, jolies et bonnes clientes pour les émissions TV. Dans les années 1990, Amuro jouait ce rôle à la perfection; maintenant il semble impossible de l'associer à nouveau avec cet univers pétillant.

Elle explique : "Je suis revenue sur un concert live. Personne n'avait jamais fait cela auparavant et je sais que mes managers étaient inquiets. J'ai arrêté de me soucier de ce que pensaient les gens. Tout ce que je voulais c'était chanter à nouveau."

Amuro affirme que ce qui s'est produit, c'est un passage du statut d'idole à celui d'artiste: "J'écris des chansons maintenant, je planifie des concerts. Quand j'étais plus jeune, il y avait un grand fossé entre ce que je voulais faire et ce que je pouvais faire en tant qu'idole."

Le meutre de sa mère, Emiko Taira, près de son domicile sur l'île tranquille d'Okinawa fut un évènement médiatique majeur. Emiko fut percutée par une voiture conduite par son beau-frère alors qu'elle se promenait près de chez elle avec son mari. Kenji lui roula ensuite dessus par trois fois, sortit du véhicule et la frappa de manière acharnée avec une hache. Le mari d'Emiko, Tatsunobu, fut lui-même sévèrement blessé dans la frénésie générale en tentant de défendre Emiko contre son frère. Kenji retourna ensuite dans sa voiture, roula sur quelques kilomètres avant de se suicider en avalant une bouteille d'insecticide.

Amuro s'est effondrée à l'annonce de la nouvelle, et il lui est aujourd'hui pratiquement impossible d'aborder ce sujet ou même de se rendre dans sa ville natale.

Les principales chaînes de TV émirent bon nombre de spéculations, selon lesquelles la rage meurtière de Kenji avait pour origine un conseil émis par Emiko et Tatsunobu l'incitant à mettre fin à une relation longue de trois ans. Les tabloïds les plus sinistres ont fait référence à une affaire sordide entre Emiko et Kenji, qui auraient été mêlés à une histoire d'argent. Sans compter bon nombre d'arguments tournant autour de la fortune d'Amuro, ou même de liens mafieux relatifs à un ancien travail d'hôtesse de bar exercé par Emiko. Tout juste un an avant le meurtre, Emiko avait publié un livre best-seller qui racontait comment elle avait été battue à de nombreuses reprises par le père biologique d'Amuro, et la série pénible de petits boulots qu'elle a dû accepter avant de se remarier, pour permettre à ses enfants d'aller à l'école.

Ce violent bouleversement dans la vie d'Amuro lui a donné l'occasion de réfléchir, pour finalement s'éloigner du fonctionnement habituel du milieu de la J-Pop. "Je savais ce que je voulais faire. Quand je croulais sous le travail d'idol, je n'avais pas le temps de réfléchir. Je n'ai jamais eu la possibilité de me demander ce que que je voulais être, ou comment."

A l'âge de 12 ans, Amuro chantait pour les clients de son supermarché local. Une chaîne de TV, la paya plus tard pour revêtir un costume de lapin en peluche dans une émission pour enfant. Elle fut repérée par Masayuki Makino, un promoteur musical qui allait devenir son grand mentor. Il inclus Amuro dans un groupe d'adolescentes appelé Supermonkeys. Jusqu'à ce que, avec ce groupe, elle soit remarquée par Tetsuya Komuro - qui fit d'Avex la plus puissante usine à idols et s'assura la suprématie sur cette scène dans les années 1990. Komuro écrit un hit pour elle en 1995, Body Feels Exit, et Amuro, à 17 ans, se retrouva subitement plus célèbre que Madonna au Japon. Ces concerts étaient sold out une dizaine de minutes à peine après la mise en vente des tickets.

Ce qui suivit suffit à définir entièrement le concept d'idol. Son teint mate, commun à Okinawa, devint subitement un look incontournable pour les adolescentes à travers le Japon et les ventes d'auto-bronzants explosèrent dans l'archipel. Chaque détail de ses vêtements, son maquillage et ses accessoires étaient copiés par des centaines de milliers de filles, qui commencèrent à se surnommer les "Amuraa."

"Ce fut un choc de voir ces jeunes Amuraas. Le phénomène était totalement hors de contrôle. Je ne pense pas avoir fait quoi que ce soit de spécial pour paraître charismatique aux yeux de ces filles. Je pense que j'étais une sorte de miroir de ce à quoi elles voulaient ressembler, et de la façon dont elles voulaient se sentir."

Amuro a une vision tout à fait réaliste sur ce qui se tramait dans les coulisses, et même dans les salles de réunion des bureaux d'Avex - une compagnie qu'elle décrit comme une "machine." "Les gens autour de moi m'appelaient une idol, alors c'est ce que j'étais," dit Amuro, décrivant une frénésie de plus de deux ans pendant laquelle elle apparut dans une émission TV différente pratiquement chaque soir. "J'ai profité des opportunités, mais je n'avais vraiment pas le temps de penser. Je n'avais absolument pas le choix quant aux décisions relative à ma disponibilité. Je ne faisais pas toujours des choses que j'avais envie de faire."

Au top de sa popularité avec plus de 20 millions d'albums vendus, elle interpréta la chanson-thème du film de Pokémon, et joua dans un film pour lycéen un peu niais autour du thème des fraudes en examens. C'est cette accession au rang d'idole qui fit de son mariage avec Sam, un danseur du groupe TRF, une nouvelle des plus choquantes pour les Japonais. Le mariage est encore largement considéré, pour une femme, comme un moment où il faut mettre fin à ses activités en cours.

Plus humiliant: alors qu'ils sont toujours sous le contrôle de leurs dirigeants sur la scène J-Pop, Amuro et Sam, désormais parents d'un petit garçon, sont incités à apparaître dans une campagne TV gouvernementale encourageant les jeunes à s'installer et à faire des enfants. Amuro rit beaucoup lorsqu'on lui fait remarquer que le taux de natalité au Japon a diminué depuis cette campagne.

Son divorce d'avec Sam quatre ans plus tard a encore une fois laissé Amuro tester les limites du système japonais, cette fois en tant que parent célibataire. Le plus ourageux, confie-t-elle, c'étaient les critiques des journaux japonais qui présentaient son retour comme l'abandon de son enfant. "Pendant ma période de deuil, je me suis rendue compte qu'il n'y avait rien que je puisse faire pour ma mère, mais j'avais un enfant. J'ai commencé à pensé plus comme une mère, et à redevenir positive dans mon travail," dit-elle. "J'aimerais pouvoir trouver le parfait équilibre entre ma vie d'artiste et ma vie de mère, mais parfois, lorsque je suis en concert, je dois demander de l'aide pour prendre soin de mon fils."

Malgré son retour sur le devant de la scène, Amuro a une vie assez calme. Elle n'a pas de petit ami, sort rarement le soir et ne rencontre que ponctuellement ses fans.

Amuro a signé son retour en s'offrant une performance live dans un gigantesque show TV (NDT : les MTV Video Music Awards Japan). Devant l'un des plus gros publics de la TV japonaise, elle pleuré quand elle se rendit compte combien le public voulait la voir revenir. "On ne sait jamais si les fans vont vous attendre. Au final, je suis heureuse, mais nous avançons à tâtons dans l'obscurité."


Traduction : Shito - Merci de me contacter par mail avant toute reproduction!
Layout :
zone membre
Connectez-vous avec vos identifiants du forum :

login

password

Connexion permanente

Inscription - Mot de passe perdu
Actuellement 61 visiteurs sur le site
publicité
L'Arc~en~Ciel live in Paris DVD
partenaires
Nos partenaires :

Jpopdb CDJapan Yesasia Last.fm SOUNDLICIOUS Wasabi Records J-music Distribution J-music Live J-music Store Higashi Music Orient-Extreme Memorial Hamasaki Anna et Olivia Jmusic Collection AyuAngel French Capsule EMIKO SHIRATORI RURUTIA ARAI AKINO Not Your God


Voir tous les partenaires
recherche
publicité