mikan music articles
Live report Shinichi Osawa, 80kidz, DEXPISTOLS @ Printemps de Bourges (24/25-04-2009)
Par Colorful, le 20-05-2009 à 17:34:41
En avril dernier eut lieu ce qui avait été annoncé comme l'événement de ce début d'année sur la scène électronique. En effet, c'était sous le signe de la musique japonaise, et notamment de l'electro nippone, que le Printemps de Bourges édition 2009 s’était placé, invitant pour l'occasion plusieurs membres de la scène émergente japonaise, dont les 80kidz, qui explosent en ce moment en occident, Shinichi Osawa qu'on ne présente plus, ou encore les DEXPISTOLS qui entamaient une première tournée en Europe.
■  Première Soirée (1) : 80kidz

80kidz
Les 80kidz sont précédés de la performance de Slice & Soda, qui fut ponctuée de nombreux bugs de sons et autres problèmes techniques. Les amateurs attendent donc une performance moins houleuse en cette fin de soirée. C'est justement ce que les 80kidz vont leur offrir, en commençant leur concert pile à l'heure, et en ouvrant le bal avec une version longue (même un peu trop longue) de l'Intro de leur album This is my shit, qui réussit à faire s'amasser tout autour les curieux qui ne connaissent pas encore le groupe. La lumière se fait au fur et à mesure sur les membres du trio qui arrivent les uns après les autres : c'est d'ailleurs la jeune Jun, aux platines, qui a réussi à mettre toute la gent masculine d'accord, et même le photographe officiel du Printemps de Bourges qui l'a littéralement mitraillée, laissant de côté le guitariste Ali&, et le bassiste Mayu.

80kidz
Puis, arrive là où on ne l'attendait pas la chanson This is my shit, qui parvient à faire venir de plus en plus de gens pour danser n'importe comment sur la piste du 22 Ouest. Et, bien qu'on ne s'y attende pas avec son joli minois de japonaise, c'est bien Jun qui chante la voix grave de ce morceau, qui répète inlassablement pendant plus de cinq minutes les 4 mêmes mots qui forment le titre de la chanson. Les 80kidz vont alors nous servir un enchaînement de morceaux dansants, avec pour commencer leur duo avec Ghostape Turn Baby Turn, que les trois accompagnent au micro durant la prestation dans un engrish tout à fait parfait (notamment le RET'S GO du refrain). C'est d'ailleurs à partir de ce moment-là que Ali&, le guitariste, a fini par se lâcher et admirer enfin autre chose que la beauté de ses chaussures. De même, vers la moitié du set, il s'est éclipsé pour enlever son sweat trop grand, et sortir son t-shirt "This is my shit", que Mayu exhibait lui depuis le début. Et c’est aussi à partir de ce moment là qu'il se mit régulièrement à sauter avec sa guitare telle une rock star, souvent sans aucune raison puisqu'il n'en joue pas à tous les morceaux. À la fin, on le vit même annoncer le nom des chansons dans son micro, mais de façon tellement basse et furtive qu'il fallait être près de lui pour comprendre.

80kidz
Les titres s'enchainent donc à un rythme effréné, d'abord Miss Mars et son sample de piano hyper-répétitif exécuté par Jun tout au long du morceau, jusqu'à la fin nettement plus explosive que dans l'album. Arrive ensuite Disdrive, que plusieurs fans semblaient avoir reconnu vu l'engouement suscité dès le début de la chanson. Mayu en profitera d'ailleurs pour chauffer encore un plus la salle, avec bien plus d’efficacité que son compère guitariste. La foule bouge de plus belle avec l'arrivée du morceau F**k Fox, chantée encore une fois par Jun, mais dans une version un peu plus courte et retravaillée que celle de leur premier mini-album. Un peu plus tard, le groupe ajouta à sa playlist la chanson Frankie (chantée par The Shoes) de façon assez déconcertante puisqu'elle change radicalement de style musical, passant d'une electro distordue à un hymne pop tout à fait efficace mais assez détonnant au sein de leur discographie.

Arrive l'avant-dernière chanson, Arab.Hertz Club, qui vient un peu comme un cheveu sur la soupe, puisqu'elle est nettement plus calme et posée alors que les gens avaient fini par tous danser au son de l'efficace Fait la danse. Heureusement, ce calme fut de courte durée puisque le groupe terminera en fanfare son set par l'inénarrable Life Begins at Eighty, chanson phare de ses débuts, avant de s’éclipser rapidement de la scène, non sans jeter les t-shirts des deux membres masculins, laissant au public l'occasion d'admirer leur petits corps frêles de japonais.

Setlist :

1- Intro
2- This is my shit
3- Turn baby Turn (vocal: Ghostape)
4- Miss Mars
5- Disdrive
6- F**k Fox
7- Fait la danse
8- Frankie (Vocal: The Shoes)
9- Arab. Hertz Club
10- Life begins at eighty

■  Première Soirée (2) : Shinichi Osawa

Shinichi Osawa
À la fin du concert des 80kidz, la salle du 22 Ouest se vide pour laisser place au DJ de renommée internationale Shinichi Osawa. Tout comme les 80kidz, il se fait rare en Europe, c'était donc une occasion à ne pas manquer pour les amateurs de musique électronique. Cependant, il ne fallait pas se leurrer, c'était un mix (donc composé de morceaux de différents artistes, pas seulement de Shinichi Osawa) que l'artiste présenta au public, qui plus est fortement occidentalisé. C'est lui seul qui installe ses platines au début du concert. A ce moment, la salle est presque vide, puisque tout le monde a profité du battement pour aller voir Battant dans la salle d'à côté. Heureusement, le public va au fur et à mesure revenir se tasser principalement au centre sur toute la longueur de la salle, laissant les dubitatifs et les gens ayant déjà un peu bu au fond. Et cela se ressentit directement dans l'attitude d'Osawa: un peu bougon au début, il finit par trouver le sourire et l'énergie qu'il lui fallait à mesure que les gens dansaient sur sa musique techno.

Pour ceux qui avaient déjà pu assister à l'un de ses sets, ou les ayant au préalable visionnés sur Youtube, il n'y avait pas vraiment de surprise, Shinichi Osawa était clairement fidèle à ses habitudes: il commence directement par des morceaux plutôt uptempo, voire bourrins, enchainés les uns après les autres dans des transitions soignées et dans un ordre intelligent.

Shinichi Osawa
Au niveau des chansons diffusées justement, le choix fut très orienté musique occidentale. Il nous a notamment ressorti le Jupiter Room de ses comparses de Digitalism à sa manière, c'est à dire en étirant le plus possible la montée, plutôt courte dans la version originale. Plus tard viendra un autre habitué de ses sets, c'est Song 2 de Blur, dans une version plus punchy que l'originale, et mélangée à des samples du morceau Bucky Done Gun de la chanteuse M.I.A.. À noter que Digitalism, que nous avons pu voir le lendemain, ressortira beaucoup de morceaux déjà entendus dans le set de Shinichi Osawa, ou même dans celui des DEXPISTOLS, mais cette fois de façon plus brouillonne et désorganisée (Song 2 notamment fut stoppée en plein milieu de son passage le plus dansant, à savoir le refrain, pour passer à un nouveau morceau dans une transition assez déroutante pour les centaines de personnes qui dansaient).

Son choix musical fut d'ailleurs parfois assez surprenant, notamment avec l'ajout du morceau Thunderstruck du groupe AC/DC, ou encore un remix de Golden Skans des Klaxons. Cependant, Shinichi Osawa ne manque pas d'apporter un peu de sa touche personnelle en ajoutant le plus célèbre titre de son album The One, à savoir Star Guitar, reprise des Chemical Brothers, chantée par Au Revoir Simone. N'oubliant pas de rendre hommage encore une fois aux Digitalism, qui ont eu un rôle prépondérant dans la découverte et la reconnaissance en Europe de notre DJ japonais, ce dernier nous plaça judicieusement le remix qu'il leur a fait pour Pogo et termina ainsi son set, disparaissant très vite derrière la scène, une dernière rasade de champagne avalée.

■  Deuxième Soirée: DEXPISTOLS.

DEXPISTOLS
La principale soirée du Printemps de Bourges, organisée dans deux salles différentes (un immense chapiteau et une sorte de théâtre non loin, ou se produisirent les DEXPISTOLS) bat son plein, et malgré le froid, la pluie et l'heure tardive (3 heures du matin), beaucoup de curieux avaient décidé de rester pour voir le set des DEXPISTOLS, certains sûrement venus pour se réchauffer, d'autres restés après le live de Laurent Garnier qui se produisait là juste avant, ou encore des gens qui ne supportaient pas la cohue du live de Yuksek (ou s'amassaient des milliers de personnes), ou peut-être tout simplement des vrais fans (sait-on jamais).

Les DEXPISTOLS, non contents d'avoir produit un mix éclectique pour le compte du magazine francophone Tsugi lors d'un spécial Japon, reviennent à la charge au Printemps de Bourges pour un set dantesque.

DEXPISTOLS
Les 2 artistes ont en effet délivré un mix encore une fois très occidental mais réellement très dansant, si bien que la quasi-totalité des gens ayant assistés au mix dansaient de tout leur corps, y compris dans les gradins. Il faut dire que les DEXPISTOLS savent chauffer une salle : l'un et l'autre se relayaient aux platines pour nous délivrer un son des plus bourrins, mais réellement efficace. Laissant en général de très courts breaks (comme cette voix de Tiga chantant son maintenant célèbre, parmi les amateurs du genre, "everytime I look into your eyes I see the future"), les DJs renvoient par derrière directement sur un rythme typique dancefloor, tel que l'imparable Day n Nite de Kid Cudi/Crookers, ou encore Hey Boy, Hey Girl des Chemical Brothers, ou même le remix fait par Soulwax de la chanson Kids de MGMT, ne laissant la place qu'à un seul morceau original de leur cru, à savoir Midnight Sevenstars (à l'écoute sur leur myspace).

Le public semble conquis jusqu'au bout, le côté "bourrin" de la playlist ne semblant avoir gêné personne. Rares sont les DJs actuels a réellement savoir maîtriser les transitions comme l'ont fait les DEXPISTOLS, et particulièrement les
allemands Digitalism qui se produisirent d'ailleurs un peu après. Leur mix était pourtant loin d'être facile, et loin de plaire, mais ils s'en sortent avec les honneurs, en terminant leur set par le désormais célèbre Paper Planes de M.I.A. après avoir exploré quelques morceaux moins uptempo.


Au final, c'est épuisés mais conquis par les DEXPISTOLS ,et par le live explosif des 80kidz, que nous ressortons de ce Printemps de Bourges. En effet, les deux groupes ont proposé un mix de qualité, très dansant et qui est parvenu à réveiller les gens amassés dans ce petit théâtre, jusqu'à faire danser ceux assis dans les gradins. Le bilan est nettement plus mitigé pour Shinichi Osawa : malgré un set dansant lui aussi, nous n'avons pas vraiment été surpris par sa prestation, et même un peu déçus de ne pas entendre plus de productions personnelles, ni de productions purement japonaises, d’autant que son album a tout de même bénéficié de bonnes critiques dans nos contrées. Il est dommage de ne pas l'avoir davantage exploité lors de ses passages en Europe. De plus, l'artiste affichait beaucoup moins d'enthousiasme face au public français que ses compatriotes, qui eux semblaient ravis de présenter leurs travaux à un public qui ne les connaissait finalement qu'assez peu. Quoi qu'il en soit, saluons la programmation inspirée des organisateurs de l'évènement, en souhaitant que l'initiative soit renouvelée !

Article réalisé en collaboration avec Paris_by_night.
Photos : © Hervé All / Printemps de Bourges
Merci à l'ensemble du staff du Printemps de Bourges, et en particulier à Thibault d'Opus 64.
Layout :
zone membre
Connectez-vous avec vos identifiants du forum :

login

password

Connexion permanente

Inscription - Mot de passe perdu
Actuellement 39 visiteurs sur le site
publicité
L'Arc~en~Ciel live in Paris DVD
partenaires
Nos partenaires :

Jpopdb CDJapan Yesasia Last.fm SOUNDLICIOUS Wasabi Records J-music Distribution J-music Live J-music Store Higashi Music Orient-Extreme Memorial Hamasaki Anna et Olivia Jmusic Collection AyuAngel French Capsule EMIKO SHIRATORI RURUTIA ARAI AKINO Not Your God


Voir tous les partenaires
recherche
publicité