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mikan music reviews
| album | Naotarô Moriyama - Kazemachi Kousaten |
Par Shito, le 16-03-2007 à 23:45:00
Comme toujours on est plutôt bien servi avec Naotarô Moriyama, qui a pour habitude de livrer un packaging soigné agrémenté de bonus. L'édition limitée de cet album est présentée dans un digipack contenant un livret illustré de clichés noir et blanc conviviaux, le disque principal et un CD supplémentaire comportant deux pistes bonus. A noter que la jaquette du digipack, formée d'un paysage en papiers collés, fera plaisir aux habitants de l'Est de la France : l'une des coupures de journaux utilisée arbore en effet plusieurs noms de villes frontalières tel que Luxembourg, Hagondange, Thionville ou Saarbrücken !
■ L'éternelle alternance jubilatoire des morceaux monumentaux...
L'album s'ouvre sur le single Kaze ni natte, une piste pop mid-tempo, chanson d'amour aux paroles poétiques (traduction disponible ici) où les guitares partagent la vedette avec les tambourins et les carillons. Léger et aérien, ce morceau s'avère particulièrement prenant, notamment grâce à l'utilisation permanente d'une seconde voix très discrète qui confère une grande profondeur aux portions vocales de la chanson. Dans un registre similaire, le single Kazahana plus loin sur l'album se distingue de la précédente par un accompagnement un peu plus fourni, et ces irrésistibles passages de voix de gorge à voix de tête dont Naotarô a le secret.
Comme tout bon album de Naotarô Moriyama, celui-ci possède son lot de ballades sublimes. Koishikute faisait déjà un sacré effet en version piano-voix sur le single homonyme. Mais avec ici l'apparition progressive, suivant une recette ultra-classique, des violons, violoncelles, contrebasse, basse, batterie, qui chargent étape par étape l'accompagnement jusqu'à la reprise finale du refrain en apothéose, l'émotion dégagée par l'interprétation retenue de Naotarô prend une dimension monumentale. Et contribue à faire de cette chanson l'une des masterpieces de la discographie du maître. Tout simplement grandiose ! La meilleure surprise de ce disque vient toutefois de SILVIA. Une ballade à la française, avec sa ligne mélodique à l'orgue et à la guitare, survolée d'une guitare électrique légère et surplombant une rythmique basique à la batterie. Le terme de ballade à la française pourrait faire craindre le pire, mais l'interprétation de Naotarô, gagnant progressivement en intensité dramatique et en puissance vocale, confère à la piste un potentiel émotionnel extrèmement riche à cette chanson superbe racontant l'histoire d'un homme qui attend la femme qu'il aime.
■ ...avec des titres plus intimistes ou légers
Toutes les pistes de cet album ne sont pas aussi imposantes que les morceaux précédents, mais elles n'en sont pas moins intéressantes pour autant. Parmi les OVNI du disque, Heibon BLUES risque fort d'en agacer plus d'un. Pourtant le concept est plutôt amusant : sur une rythmique blues sans prétention, Naotarô se lance dans une petite exploration instrumentale où le son de sa guitare se mèle à celui d'une guitare pedal-steel, sorte de guitare à deux manches horizontaux montés sur pédales, typique de nombreuses productions hawaïennes. Plus habituelle, Shimatta umarete kichimatta joue dans le registre connu de la chanson acoustique, à la manière de nannimonai heya sur l'album précédent, toujours avec autant de maîtrise. Q.O.L. rappelera plutôt un morceau comme Itsuka sarabasa par sa bonne humeur, sur fond de pop orchestrale derrière un texte prônant de se préoccuper de sa qualité de vie ! Ai no These enfin, dans un registre similaire, devrait plaire à ceux qui ont aimé Ima ga jinsei dont elle partage cette faculté à faire se balancer la tête en rythme malgré soi ! En fait, seule BLUE a réellement de quoi décevoir, en cela que sa rythmique binaire quasiment métronomique, ses sifflements et la rengaine de syllabes en -te qui constitue son "refrain" paraissent pour le moins quelconques.
L'album s'achève de fort jolie façon sur deux morceaux déjà sortis en single : tout d'abord l'emblématique Kimi wa gobanme no kisetsu, ballade folk touchante légèrement réorchestrée pour l'occasion, et Yume mitai ~dakara kumo ni akogareta~, une chanson douce qui comme son nom l'indique invite au voyage sur un accompagnement symphonique où les violons et la clarinette se taillent la part belle. Reste toutefois à découvrir ce que nous réserve le disque bonus, et la surprise est plutôt plaisante. On commence par Niji, un titre inédit racontant le souvenir d'un ami perdu, que Naotarô interprète magistralement accompagné d'un piano et d'une chorale de collégiens. Et pour finir, Naotarô nous offre un duo inattendu (ou attendu, c'est selon) avec sa mère, Ryoko Moriyama. Enregistrée directement dans le salon du chanteur, cette chanson initialement écrite pour Ryoko par son fils à l'occasion de l'exposition universelle d'Aichi prend une tournure complètement nouvelle : exit les arrangements symphoniques grandioses, on est cette fois dans un registre intimiste très touchant avec une unique guitare pour accompagnement, Naotarô chantant les paroles tandis que sa mère se charge des choeurs. Et les deux musiciens de conclure que depuis le temps qu'on les embête pour qu'ils enregistrent quelque chose ensemble, au moins maintenant c'est fait !
L'avantage d'un auteur aussi doué, compositeur aussi inspiré, interprète aussi expressif que Naotarô Moriyama, c'est que l'on peut aborder ses disques avec la quasi-certitude de ne pas être déçu, car la qualité ne peut qu'être au rendez-vous. C'est bien sûr encore une fois le cas ici : l'artiste nous fait l'étalage de tout son savoir-faire dans des registres variés, qui vont du morceau orchestral majestueux à la piste acoustique intimiste en passant par la ballade folk ou le pop-rock, avec toujours cette palette d'émotions incroyable qu'il sait faire passer par son époustouflante maîtrise vocale. Ce second album s'avère donc très complet et on ne peut plus satisfaisant : tout juste pourra-t-on lui reprocher que les inédits (peu nombreux pour qui n'a pas opté pour l'édition limitée avec CD bonus) soient globalement un cran en dessous des titres sortis en single. Toujours est-il qu'on ne peut que se réjouir à l'idée que Naotarô Moriyama reparte maintenant en tournée pour faire la promotion de cet album, car la perspective de découvrir toutes ces chansons en live s'annonce particulièrement alléchante...
Illustrations © UNIVERSAL MUSIC
Note : 9/10
| album | Naotarô Moriyama - Kazemachi Kousaten |
| Sortie le | 29-11-2006 |
| Infos : | [CD] UPCH - 3059 ¥ [Edition Spéciale CD+DVD] 30-03-2007 - UPCH-29002 - 3500 ¥ |
| Tracklist : | CD : 01- Kaze ni natte 02- BLUE 03- Koishikute (Orchestra Version) 04- Heibon BLUES 05- SILVIA 06- Kazahana 07- Shimatta umarete kichimatta 08- Q.O.L 09- Ai no These 10- Kimi wa gobanme no kisetsu (Album Version) 11- Yume mitai ~dakara kumo ni akogareta~ CD bonus (first press only) : 01- Niji (Yakushima DOMENIKA Version) 02- Mother Earth (Living Room Session) |
| Crédits : | Paroles : Naotarô Moriyama, Kite Okachimachi Musique : Naotarô Moriyama Arrangements : Daichi Nakamura |
| Commentaires : | L'édition spéciale du disque est sortie 4 mois après l'édition normale et comporte un DVD. |
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