mikan music reviews
album Kurumi Enomoto - Notebook 1 ~Mirai no Kioku~
Par Shito, le 25-05-2007 à 23:50:00
Ce fut mon grand coup de coeur de la fin d'année dernière : le single RAINBOW DUST de Kurumi Enomoto, son troisième en major chez For Life, m'avait scotché par sa richesse instrumentale et ses envolées phénoménales dans les aigus sur une base pop/rock tout ce qu'il y a de plus classique. Depuis le single Aisubeki hito, bien qu'un petit cran en dessous, a confirmé le potentiel exceptionnel de cette auteur/compositeur/interprète dont j'attendais par conséquent l'album avec une grande impatience, d'autant que les extraits dévoilés sur le site de Kurumi chez For Life s'annonçaient très prometteurs. L'album en question a fini par voir le jour, et c'est donc l'heure du verdict !


A 26 ans, Kurumi Enomoto fait une perc√©e plut√īt tardive, 3 ans apr√®s un petit single chez Sony qui n'avait pas donn√© suite. Et encore, quand je parle de perc√©e, le terme est √† relativiser : car si les m√©dias nippons sont semble-t-il unanimes sur la qualit√© des productions de l'artiste, et lui assurent par cons√©quent une couverture d√©cente sur les supports r√©dactionnels papier et web, la pr√©sence en radio est loin d'√™tre √† la hauteur et c'est donc sans surprise que Kurumi se contente de ventes tout √† fait anecdotiques. On passera donc sur la 70√®me place en premi√®re semaine (et moins de 2.000 exemplaires vendus) de ce NOTEBOOK I ~Mirai no Kioku~, pour se concentrer sur le contenu.

■  Le bien-nomm√© monde merveilleux de Kurumi Enomoto

L'album compte 12 pistes parmi lesquels les quatre titres sortis en single et un interlude. Le tout est écrit et composé par Kurumi Enomoto et MOR, un groupe qui travaille régulièrement avec BUMP OF CHICKEN. Les arrangements sont signés Takamune Negishi, bassiste et producteur ayant collaboré avec Cocco, Kaela Kimura, Quruli, ou encore l'excellente mais complètement méconnue SHUUBI. Une brochette sans prétention mais gage de qualité, qui suffit sans doute pour bonne part à expliquer la maestria technique qui caractérise les chansons de Kurumi. La preuve en est faite dès la piste d'ouverture, Subarashii Sekai, qui fait office d'introduction à l'univers musical de l'artiste. Et quelle introduction : après quelques notes de violons aux accents très symphoniques, basse et ligne mélodique de guitare électrique donnent le ton, donnant l'impression d'ouvrir un gigantesque espace qui progressivement se remplit de notes aigues et légères. Le couplet calme temporairement cette farandole, la voix de Kurumi se posant avec retenue sur la base rythmique rapide. Mais très vite la guitare fait son retour, la batterie se fait plus marquée, et c'est ainsi que le refrain peut s'élever, tel une fusée dans le ciel bleu d'une journée ensoleillée. La piste est alors lancée, et plus rien ne pourra arrêter cette formidable déferlante de sonorités haut perchées plus harmonieuses les unes que les autres, renforcées par un effet chorus à l'égalisation absolument parfaite. On en ressort le sourire tiré jusqu'aux oreilles : par chance, ce n'est que le début !

Dans un registre tout √† fait similaire, on encha√ģne avec RAINBOW DUST, v√©ritable chef d'oeuvre au refrain dantesque sur lequel tout a d√©j√† √©t√© dit il y a quelques mois et qui n'a rien perdu de sa superbe. Plus acoustique, la ballade Rasen no Kioku s√©duit par ses couplets sublimes, √©mouvants d'authenticit√© tant sur le plan de l'interpr√©tation l√©g√®rement susurr√©e que celui de l'instrumentation domin√©e par une batterie r√©sonnante. Les refrains ne sont pas en reste, relev√©s par ce qui semble constituer une marque de fabrique chez Takamune Negishi : la ligne m√©lodique tr√®s aigue √† la guitare √©lectrique, que l'on retrouvait d√©j√† sur bon nombre de productions de Cocco et de SHUUBI. Pr√©c√©d√©e d'un interlude aux airs de choeur religieux, SPEEDWAY surprend par son habilet√© √† remettre au go√Ľt du jour un style musical que l'on croyait us√© : le rock japonais des ann√©es 90 dans sa plus pure expression, √† la mani√®re des groupes cultes du Being Group (WANDS, ZYYG, DEEN, ZARD) ou de Nanase Aikawa. Sur une rythmique rapide et le m√™me combo d'accompagnement que les pistes pr√©c√©dentes, Kurumi Enomoto place sa voix aux accents arrondis, rappelant √©galement les interpr√®tes des ann√©es 90 : le r√©sultat se fait explosif bien comme il faut, servi par une excellente spatialisation sur les refrains et les bons vieux solos maison sur les ponts musicaux. Quelle r√©ussite ! D√©cid√©ment mirobolante, la premi√®re moiti√© de l'album s'ach√®ve avec Merry-Go-Round, une chanson douce particuli√®rement jolie, au rythme ternaire supportant un duo piano / cordes (violon, contrebasse) et dont l'√©motion croissante est assur√©e par un enrichissement progressif du background musical jusqu'au final en melting pot instrumental.

■  Sous les rafales du puissant vent d'Ouest, le bambou plie mais ne rompt pas

Il aurait √©t√© incroyable d'assurer la constance d'un telle qualit√© sur la totalit√© de l'album, et le fait est que le niveau global baisse d'un cran sur la deuxi√®me moiti√© du CD. Ca d√©marre toutefois de belle mani√®re avec Kokoro no Katachi, le premier single de Kurumi Enomoto, une superbe chanson douce aux accents folk rock et aux arrangements tr√®s a√©riens toujours riches en cordes. Dans le registre de la ballade folk, Jungle Gym s'av√®re plut√īt agr√©able mais n'arrive pas √† se d√©faire d'un air de d√©j√†-entendu persistant, d'autant que ses arrangements ultra-classiques n'arrangent rien et que la recette ligne de guitare/chorus haut perch√©s commence √† √™tre sur-repr√©sent√©e... Plong√© dans une sorte de prison acoustique dont seule √©merge la voix claire et r√©sonnante de la chanteuse, l'accompagnement piano/guitare s√®che de Togirenaki Baton constitue sans doute son principal atout, et suffit √† en faire le petit bijou inattendu de l'album.

Apr√®s cet interm√®de plut√īt soft, le disque se termine sur un retour √† des sonorit√©s plus rock tout en restant dans le registre de la ballade. Dans un style tout √† fait similaire, les singles Aisubeki Hito et Uchiage Hanabi jouent tous les deux la carte des refrains-qui-font-se-balancer-doucement-la-tete, mais diff√®rent par la conception de leur refrain : l√† o√Ļ le premier sort l'artillerie lourde c√īt√© instrumental pour tirer les larmes √† l'auditeur d√©j√† bien √©prouv√© par une interpr√©tation toujours aussi d√©chirante, le second reste sobre et fait dans l'√©motion contenue avec un petit c√īt√© g√©n√©rique de fin qui r√©ussit le difficile pari de ne pas √™tre d√©plaisant, gr√Ęce √† un niveau de perfection technique toujours tr√®s convaincant. Reste qu'on en vient alors √† se demander ce que Catch Ball, gliss√©e entre les deux morceaux pr√©-cit√©s, vient faire ici avec pour le coup un c√īt√© g√©n√©rique vraiment tr√®s prononc√© : on est pas loin des oldies sign√©s Claude Lombard qui r√©sonnaient en ouverture des vieux animes nippons d√©couverts sur feu La 5, Belle et S√©bastien, Cathy La Petite Fermi√®re et autres magical girls en t√™te !

Sans apporter la moindre innovation √† un pop/rock nippon d√©j√† bien √©cul√©, Kurumi Enomoto nous livre ici un album d'une dimension telle qu'on peut parler de quintessence. Tout y est : la voix tr√®s aigue soutenue par un chorus discret au service d'une interpr√©tation nuanc√©e et d√©chirante, la sacro-sainte combinaison ligne m√©lodique √† la guitare √©lectrique/ligne de basse/batterie et ce souci de l'efficacit√© typiquement nippone, le tout pouss√© √† son paroxysme pour donner naissance √† plusieurs v√©ritables chefs d'oeuvre. La performance est d'autant plus appr√©ciable que sur le plan technique le disque est un travail d'orf√®vre, b√©n√©ficiant d'un mixage exceptionnel et d'une instrumentation qui ne laisse pas la moindre place au synth√©tique. Les deux b√©mols sont √† mettre sur la trop grande uniformit√© des arrangements, un peu lassants √† la longue, et la construction maladroite du CD qui place les pistes rythm√©es en premi√®re moiti√© pour laisser les ballades sur la fin, affaiblissant du coup l'impact de certains titres pourtant excellents individuellement, tel que Aisubeki Hito et Uchiage Hanabi. Quoi qu'il en soit c'est ici une franche r√©ussite pour Kurumi Enomoto dont l'album pr√©sente l'improbable avantage d'avoir une √Ęme, magnifique qui plus est, en d√©pit d'un choix de genre musical √ī combien surexploit√©. On ne peut donc qu'esp√©rer qu'encourag√©e par l'excellent accueil que lui a r√©serv√© la critique, Kurumi poursuive sur cette voie et nous livre bient√īt d'autres travaux. Et si le public nippon pouvait avoir la bonne id√©e de suivre ce sera encore mieux !

Illustrations © FOR LIFE MUSIC ENTERTAINMENT
Note : 9/10
album Kurumi Enomoto - Notebook 1 ~Mirai no Kioku~
Kurumi Enomoto - Notebook 1 ~Mirai no Kioku~ : Cover
Sortie le 16-05-2007
Infos : FLCF-4181 - 3.000 ¥
Tracklist : 01- Subarashii Sekai
02- RAINBOW DUST
03- Rasen no Kioku
04- Hymn
05- SPEEDWAY
06- MERRY-GO-ROUND
07- Kokoro no Katachi
08- JUNGLE-GYM
09- Togirenaki BATON
10- Aisubeki Hito
11- CATCH BALL
12- Uchiage Hanabi
Crédits : Paroles et Musique : Kurumi Enomoto, MOR
Arrangements : Takamune Negishi
 

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