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mikan music reviews
| album mini | GARI - Neo Radio Station |
Par Shito, le 24-06-2007 à 14:00:00
Comme son titre pourrait le laisser deviner, Neo Radio Station est construit comme une sorte d'émission de radio d'un peu plus de 30mn dont les morceaux s'inscrivent dans une dynamique de renouvellement du genre electro-rock. Ce mini-album de 7 pistes est sorti au Japon en Juin 2006, un peu moins d'un an après l'album e.go.is.tick disponible chez nous dans une édition française spéciale couplée avec l'album de remixes al.tru.is.tick. Le premier opus constituait une véritable compilation des nombreuses influences de GARI, mêlant techno efficace (façon Prodigy ou Chemical Brothers) et rock enragé (lorgnant du côté de RAGE AGAINST THE MACHINE et les Red Hot chili Peppers). Neo Radio Station reprend bien sûr ces mêmes ingrédients caractéristiques du style de GARI, mais la démarche de création a pris en matûrité, et les quelques pistes faciles et très efficaces qui constituaient le premier album laissent ici entièrement place à des compositions dont la structure tient du travail d'orfèvre.
■ Melting-pot électrique au dosage minutieux
En bonne introduction de ce show radio, F-A-M-E ouvre l'album en affichant clairement la couleur : la qualité des arrangements et du mixage apparaît d'emblée sur des riffs de guitare électrique habilement mêlés à une foule de samples electro acidulés. La rythmique entraînante et les nombreux effets qui habillent ce morceau electro-rock, typique des compositions de GARI avec ses raps aigus et ses effets reeverb, lui confèrent une légère dimension industrielle que l'on retrouvera à plusieurs reprises sur l'ensemble du disque. Plus tranquille, Rhymeracer se construit sur des loops de guitare et basse où YOW-ROW scande ses paroles soulignées par une habile double voix. La grande force de ce morceau punk alternative réside sans doute dans sa production, particulièrement riche, qui met en valeur une structure audacieuse où curieusement ce ne sont pas les refrains mais les ponts qui sortent du lot avec leur cri lointain et leur accompagnement plus chargé en décibels. a noter que le clip de cette piste est disponible en extra-track sur l'album.
Parmi les chefs d'oeuvre de ce Neo Radio Station, deux autres morceaux se détachent d'ailleurs par une virtuosité assez exceptionnelle du côté de la structure de la composition. Citons tout d'abord Mr.Deepthroat, qui démarre comme une piste drum'n'bass avec une ligne de basse légèrement saturée et une batterie, progressivement rejointes par les traditionnels samples electro et le rap haut perché caractéristique des performances de YOW-ROW. Une guitare électrique filtrée fait virer le morceau du côté de l'industriel à la limite du cyber punk, puis survient une rupture soudaine qui voit la chanson s'achever en un climax de ballade rock interprétée avec une voix claire, forte et superbement maîtrisée. Cette masterpiece est suivie du tout aussi grandiose Black Coffee & White Bread, dont le parfum ambient aux accents blues instaure une atmosphère intimiste de piano-bar, avant de se transformer, au fil de raps légers à voix saturée et de refrains nuancés sur guitares métalliques, en un charismatique produit electro-rock, rythmé par une batterie trépidante, tout droit enregistré du fin fond d'un parking souterrain. Les drums s'effacent ensuite au profit des hi-hats, et après un court passage synthétique quelques notes de piano permettent de boucler la boucle en revenant à l'atmosphère intimiste initiale. Le tout avec une fluidité qui tient de la magie, du grand art !
La variété s'exprime tant au sein même des morceaux que dans la diversité des chansons les unes par rapport aux autres. Très différente des pistes précédentes, Cutting it Up s'affiche comme un improbable mélange de punk métallique et de rythmique hip hop, aux raps aussi tranchants que peut le suggérer le titre. Là encore GARI voyage avec une habileté déconcertante entre les genres musicaux, imposant au milieu de ses passages à l'instrumentation rock des loops techno rapides rappelant presque certaines productions hardcore. My Honey joue pour sa part dans un registre assez similaire aux morceaux du premier album, si ce n'est que les traditionnels effets de reeverb sur des paroles scandées avec toujours autant de sens mélodique viennent cette fois se poser sur une mélodie electro-pop synthéthique d'excellente facture. Et pour finir, cet album a également droit à sa ballade de conclusion, une ballade ambient dans la plus grande tradition du genre : voix de gorge claire et passages en voix de tête, boîte à rythme low tempo, chorus parcimonieux et léger rap lointain sont autant d'éléments qui, mixés avec une rare maestria, témoignent d'une impressionnante maîtrise de l'espace sonore. Un terme d'espace sonore qui aura rarement autant trouvé son sens que sur ce disque, où les composantes musicales se superposent à des niveaux de profondeur différents pour former des entités propres d'une richesse instrumentale peu commune dans les productions du genre.
Sorti moins d'un an après e.go.is.tick, Neo Radio Station se présente donc comme nettement plus personnel : les références ont été assimilées et la maîtrise technique déjà remarquable sur l'album précédent prend ici une dimension supplémentaire, grâce à laquelle GARI nous offre un panaché electro-rock d'une variété incroyablement fluide et cohérente. Moins porteuses d'efficacité commerciale que certaines des chansons de l'opus précédent, les pistes de Neo Radio Station se distinguent toutefois par un niveau de production de haut standing qui en fait un album à la fois easy listening et passionnant à décortiquer sur une écoute attentive. Un travail de qualité donc, à conseiller à un cercle bien plus large d'auditeurs que les seuls fans de Jpop !
Note : 9/10
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