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| album best | ELLEGARDEN - Figureheads Compilation |
Par T'CharleS, le 03-08-2007 à 22:42:00
Tout commence quand Monsieur Nettwerk signe un groupe japonais indépendant qui a précédemment sorti un de ses albums, RIOT ON THE GRILL, sur le territoire américain et qui a connu un succès d'estime certain lors d'une petite tournée au pays des burgers. Monsieur Nettwerk n'est pas né de la dernière pluie : il a plusieurs dizaines d'artistes à sa charge et de l'expérience derrière lui. Son premier réflexe est de planifier une sortie US du dernier opus du groupe, ELEVEN FIRE CRACKERS : si le précédent album a trouvé un public, alors ce public attend logiquement le suivant. Mais cela risque de rester un épiphénomène et il faut un moyen pour élargir la fanbase. Heureusement pour Monsieur Nettwerk, les punks nippons qu'il a signés souhaitent refaire des concerts aux USA. En bon manager, il leur prépare le terrain tout en mettant à jour son plan marketing qui commence à ressembler à quelque chose! ! Reste enfin les acheteurs potentiels qui ont besoin d'un coup de pouce pour découvrir le groupe. Monsieur Nettwerk songe alors qu'il est temps de mettre à profit son accès au catalogue des chansons du groupe : il va sortir un best-of fait par des Américains pour l'Amérique et tout le monde y trouvera son compte...
Et c'est ainsi que nait Figureheads Compilation qui est un condensé de toutes les bonnes vieilles recettes commerciales de la production musicale. La tracklist tout d'abord : elle ne doit pas trop dépayser le public qui achète déjà mais ne doit pas non plus risquer de grever les ventes d'autres disques ni donner l'impression d'être une vulgaire resucée sans valeur ajoutée. Pour commencer, on fixe le nombre de chansons à 10, autrement dit la norme du groupe, ce qui évite de trop vider le catalogue si on veut faire un volume 2. Puis on intègre d'ores et déjà 4 pistes de RIOT ON THE GRILL sorti l'an passé chez Denko Secca mais aucune de ELEVEN FIRE CRACKERS qui vient de sortir chez Nettwerk. C'est tout bénef' et une fois réparties ça remplit déjà une petite moitié du CD de manière pas trop ostensible. Quant au choix des chansons, il relève surtout du bon sens. Deux uptempo festives : Marry Me et Red Hot, cette dernière étant la piste phare de l'album précédent, auxquelles on ajoute une mid-tempo en japonais mais à grand succès : Missing ainsi qu'une downtempo triste : I Hate It pour garantir la variété.
■ Vu notre marché, le but c'est un mixage qui fasse passer The Offspring pour de la musique de chambre
Puisqu'on est dans le recyclage on en profite pour récupérer la jaquette de l'édition japonaise de RIOT ON THE GRILL et on en fait celle du best-of américain. Pour terminer le packaging on décide d'appeler la compilation Figureheads Compilation, nom sans intérêt mais qui a l'infini mérite de comporter le mot "compilation", ce qui est une sage précaution si jamais quelqu'un décidait de se plaindre de la ressemblance de jaquette avec un autre CD du groupe.
A ce stade il ne reste plus que la seconde moitié de la tracklist à régler mais l'affaire s'annonce un peu plus difficile pour garantir un ensemble cohérent. En effet, si le choix des titres revient à peu de choses près à se concentrer sur les chansons les plus à mêmes de plaire au public Outre-Pacifique parmi les grands succès du quatuor, il y a le dilemme des enregistrements à la coloration et aux égalisations fort différentes. Mais Monsieur Nettwerk, qui tient à ce que sa compilation sonne uniformément californien a une idée : il va remasteriser ce qui pose problème, lisser un peu l'ensemble si nécessaire et le tour sera joué.
Du coup, la sélection est facilitée et pour retracer l'histoire du groupe, on retient tout d'abord Raindrops présent sur Barefooot, le premier single du groupe. Le morceau est un mid-tempo à fort chorus sur les refrains, proche de pistes bien plus récentes comme I Hate It, voilà qui est parfait pour l'homogénéité ! L'enregistrement est un peu froid. qu'à cela ne tienne, un petit peu de loudness et les guitares sonnent comme il faut. La sélection s'arrête ensuite sur l'année 2002 et l'album DON'T TRUST ANYONE BUT US dont on retient l'endiablé Kaze no Hi, toujours très apprécié des fans lors des lives et qui n'a quasiment pas besoin de lifting. Enfin si en fait, on le renomme Windy Day parce que même si la piste est inchangée on ne va tout de même pas vendre un album avec une chanson au nom qui ne veut rien dire en anglais, ça ne fait pas pro.
■ L'important c'est de ne pas compromettre l'intégrité artistique ...ni l'intégrité de nos ventes d'ailleurs.
Middle Of Nowehere est également sélectionné mais les choses se corsent car l'enregistrement est désepérement plat et froid selon les standards commerciaux de l'Oncle Sam et de Grand-Père Caribou. Aussi Monsieur Nettwerk qui déteste que les choses lui résistent décide de lâcher la bride à son ingénieur qui a bien compris que c'était un défi pour un homme, un vrai, un tatoué avec des poils. Bilan des courses : après traitement ça crache ! En fait le seul souci c'est qu'autant le nouveau mixage est réussi, autant à force de pousser le loudness et la compression ça a finit par tout écrêter. L'espace d'un instant Monsieur Nettwerk a comme un scrupule en se rappelant qu'il promeut des oeuvres artistiques; puis il se rappelle que ces mêmes oeuvres seront jouées trop fort sur des autoradios réglés sur la position "PimpMyXtraBass", et comme le résultat est tout de même bluffant de différence par rapport à l'original il se dit qu'on ne fait pas de punk sans casser des tweeters.
Le disque est à présent presque prêt mais Monsieur Nettwerk voudrait éviter de piller les albums qu'il sortira peut-être plus tard. Il préfèrerait également éviter de passer trop de temps en retouches sonores. On décide donc de faire l'impasse sur l'album BRING YOUR BOARD!! et de ne retenir que Supernova, un college-rock sous stéroïdes, sur l'album Pepperoni Quattro. Cela laisse la possiblité d'éditer les deux albums sans concurrence du best-of si la demande du public devient plus forte. Et pour finir, on ajoute deux faces B de singles des plus efficaces : le génial Stereoman et le plus anecdotique The Autumn Song, qui reste dans la même veine et fait une parfaite chanson d'introduction, surtout si Monsieur Nettwerk opte pour une campagne de promotion en Septembre...
Toute plaisanterie mise à part, Figureheads Compilation est un best album tout à fait honorable même s'il gagnerait à sentir un peu moins la stratégie commerciale. De plus, l'effort d'uniformisation a conduit à une remasterisation des plus intéressantes puisque la coloration et le mixage des pistes concernées ont été transformés. Certains adoreront, d'autres détesteront et les audiophiles feront remarquer que Middle Of Nowhere est quand même un peu limite. Mais quoi qu'il en soit la sélection si elle est discutable n'inclut que des pistes à l'efficacité garantie et si la tracklist n'est pas plus longue que celle d'un album original, à $10 le rapport qualité/quantité/prix reste très positif. Ne reste plus qu'à attendre la sortie CD (repoussée de quelques semaines) pour ceux qui n'aiment pas la musique dématérialisée : l'album n'est pour le moment disponible qu'en téléchargement légal (mais en mp3 ou en FLAC sans DRM s'il vous plait, sauf sur iTunes où l'album est plus cher, en moins bonne qualité et verrouillé...!)
Note : 8.5/10
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