mikan music reviews
single Mizrock - Good bye, yesterday
Par Shito, le 07-08-2007 à 00:26:00
Universal Music Japan semble ĂȘtre parti pour se spĂ©cialiser dans le recyclage d'artistes saluĂ©s par la critique mais dont les ventes ne se sont jusque là pas montrĂ©es convaincantes. AprĂšs le duo fĂ©minin Zwei, c'est donc au tour de la chanteuse Miz d'intĂ©grer la maison de disques. Et pour elle comme pour ses consoeurs, la deuxiĂšme chance commence par un travail sur l'image assez radical : nouveau nom de scĂšne (Mizrock), et nouvelle couleur de cheveux, notre petite Mizuki ayant troquĂ© sa tignasse sombre contre une horrible perruque de paille peroxydĂ©e. Reste à voir si le ravalement de façade a Ă©tĂ© plus favorable sur le plan artistique... Les premiers extraits divulguĂ©s de ce mini-album avaient toutefois de quoi laisser circonspects sur l'orientation musicale prise par l'artiste à son arrivĂ©e chez Universal, et les doutes se sont muĂ©s en cruelles certitudes à la sortie du disque. Le gĂȘne de la blonde aurait-il encore frappĂ© ?


Miz n'avait pas attendu de passer sous les mains terroristes d'un dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© recalĂ© 3 fois au CAP coiffure pour se trouver des points communs avec d'autres stars que leur couleur de cheveux fait passer pour stupides, à tort ou à raison. Les choix initiaux s'Ă©taient pourtant rĂ©vĂ©lĂ©s judicieux. A l'Ă©poque bĂ©nie oĂč elle ne ressemblait pas à une caissiĂšre de supermarchĂ© discount amĂ©ricain, Miz empruntait à Lene Marlin son registre pop-rock efficace, sa voix chaude certes commune mais caractĂ©risĂ©e par un petit Ă©raillement qui suffisait à faire la diffĂ©rence, ainsi qu'une certaine popularitĂ© sur le marchĂ© scandinave (dont elle squatte Ă©galement les studios d'enregistrement puisque toutes ses chansons sont produites par des teams 100% suĂ©doises). Autre prĂ©disposition à la blondeur qui aurait pu mettre la puce à l'oreille : le syndrome Cameron Diaz, qui vaut à celles qui en souffrent une reconnaissance paradoxale puisqu'asujettie à ce qu'elles fassent toujours la mĂȘme chose : jouer dix fois le mĂȘme personnage, ou dans le cas de Miz chanter dix fois le mĂȘme genre de chansons, avec un talent certain. La discographie de l'artiste, pourtant peu fournie, compte bon nombre de tubes en puissance (New Day, Waiting For, Bittersweet, Not You...), à la fois en anglais et en japonais, malheureusement bien trop mal promus par Victor pour assurer un succĂšs à la vente.

■  Round 1 – Le combat des ex

Tout s'est donc gĂątĂ© avec l'arrivĂ©e de Miz chez Universal. Dans une logique typiquement blonde, une mĂȘme chose ne pouvant se trouver à deux endroits en mĂȘme temps, le qualificatif de "rock" a opĂ©rĂ© une translation pour le moins surprenante. Miz chantait du pop-rock, Mizrock chantera donc de la pop, tout court. Ne cherchez pas à comprendre, c'est dans les gĂȘnes qu'on vous dit... Egalement dans les gĂȘnes de la blonde d'ailleurs, un sens aigu de la compĂ©tition, une rivalitĂ© innĂ©e entre jolies tĂȘtes vides qui pousse chacune des reprĂ©sentantes de cette caste à vouloir, sans cesse, surpasser ses congĂ©nĂšres. Dans le coin rouge : Eve Angeli, ex-chanteuse, ex-mannequin, ex-fermiĂšre. Dans le coin bleu, Mizrock, ex-Miz.

La victoire semble promise à la concurrente française et pourtant, c'est Mizrock qui attaque la premiĂšre avec le titre des 6 chansons qui composent ce mini-album. Le disque s'ouvre sur un Good-bye yesterday qui sonne comme une Ă©loquente rupture avec la Miz de chez Victor. Contente d'ĂȘtre passĂ©e à autre chose, Mizrock peut ensuite chanter It's a Beautiful Day, avant de commencer à parler un peu d'elle avec un morceau pertinemment intitulĂ© I (on n'eĂ»t pas trouvĂ© mieux !). Un petit coup de nostalgie tout de mĂȘme au souvenir de la SMALL TOWN de son enfance, ainsi que du temps oĂč elle Ă©tait amoureuse (Aisaretakute), avant de se tourner vers l'avenir, et de lever la tĂȘte pour contempler le Big Sky. 6-hit combo, c'est imparable : devant un public atterrĂ© Eve Angeli s'Ă©croule sans avoir mĂȘme eu le temps d'Ă©voquer la bistouquette de l'Ăąne Pompon. Mizrock est portĂ©e en triomphe, mais dĂ©jà son esprit est dirigĂ© vers son prochain combat.

■  Round 2 – Miz le rouleau-compresseur aplatit tout sur son passage...

Et c'est par l'expression pure et simple de son art, la musique, que l'artiste va remporter sa plus trĂ©pidante victoire : celle de dĂ©trĂŽner au sommet de la blonditude la reine jusque là incontestĂ©e des speakerines au regard bovin et au charisme de tronc d'arbre : Isabelle "Confessions Intimes" BrĂšs elle-mĂȘme, pour laquelle mĂȘme Julien Courbet n'a rien pu faire, c'est dire. Dans les gradins pour assister au combat, une foule d'excitĂ©s shootĂ©s au guronsan et au Red Bull. Sera dĂ©clarĂ©e vainqueur celle des deux adversaires qui rĂ©ussira la premiĂšre à endormir la moitiĂ© du public ! AlĂ©as des organisations à petits budgets : faute de prises disponibles sur la rallonge Ă©lectrique les arbitres du match ont dĂ» trancher, et ont privilĂ©giĂ© la reprĂ©sentante hexagonale : Isabelle aura donc droit à son prompteur, mais Miz devra renoncer aux guitares Ă©lectriques pour se contenter de l'aide d'un copain de lycĂ©e et ses deux accords de gratte posĂ©s sur de vieux enregistrements de violons ressortis d'une armoire qui n'avait pas Ă©tĂ© ouverte depuis 5 ans. MalgrĂ© ce handicap majeur Miz part confiante et dĂ©gaĂźne tout d'abord un platissime Good bye, yesterday tout juste bon à servir de remplissage sur un album de YUI, le charme de la petite voix cassĂ©e en moins.

Isabelle BrĂšs ne laisse rien paraĂźtre malgrĂ© les premiers baillements dans la foule et riposte brillamment en lançant un sujet sur un couple de motardes lesbiennes sado-masochistes du Nord-Pas de Calais. Erreur stratĂ©gique : voilà qui rĂ©veille les spectateurs, mais Miz n'entend pas les laisser reprendre le dessus : aprĂšs un Beautiful Day aux allures de mauvais gĂ©nĂ©rique, elle dĂ©cide de frapper fort : grĂące au combo I suivi de SMALL TOWN, mĂȘlant de maniĂšre totalement hideuse ambiance jazzy et arrangements de ballade RnB synthĂ©tique, elle parvient à faire tomber plus du tiers du public ! Isabelle elle-mĂȘme vascille, et comprend dĂ©sormais que la victoire sera difficile. Elle tente donc le tout pour le tout : un reportage sur la famille Duboudin, ses 7 enfants, ses 18 petits enfants, son chien à 5 pattes, ses 3 chats homosexuels, et son Ă©levage de cafards nichĂ© dans la chambre oĂč l'arriĂšre-grand-pĂšre est soigneusement conservĂ© dans du formol depuis son dĂ©cĂšs voici 5 ans. Mais le match Ă©tait dĂ©cidĂ©ment dĂ©sĂ©quilibrĂ© : Mizrock à peine amochĂ©e assomera dĂ©finitivement l'assistance grĂące à un coup de gĂ©nie appelĂ© à ĂȘtre inscrit dans la lĂ©gende : Aisaretakute, une ballade poussive à l'orchestration plus soporifique qu'un bouquin de Michel Houellebecq traduit en hongrois, interprĂ©tĂ©e avec le potentiel Ă©motionnel d'une guichetiĂšre ANPE dĂ©pressive, et dont la quiĂ©tude se voit interrompue à intervalles rĂ©guliers par des refrains dont mĂȘme Ayumi Hamasaki, bourrĂ©e un soir de Countdown Live, aurait honte au point de dĂ©cider de ne plus jamais chanter que des pistes estivales aseptisĂ©es arrangĂ©es par H/\L (pitiĂ©, non !). Heureuse de sa victoire, Mizrock se montrera tout de mĂȘme clĂ©mente en gratifiant les dormeurs d'une berceuse pas trop dĂ©sagrĂ©able, avec l'ultime Big Sky, un morceau pop-folk vaguement entraĂźnant qui passerait presque pour une rĂ©ussite au milieu du carnage prĂ©cĂ©dent.

Que dire de ce mini-album sinon qu'il manque cruellement de pi(g)ment...? A ce rythme là, quitte à ĂȘtre blonde, autant l'assumer à fond et la jouer sexy. On n'aurait pas forcĂ©ment aimĂ© mais on aurait compris. Mais il va sans dire qu'une sextape pirate et trois semaines de vacances en prison, un grand Ă©cart sans petite culotte dans une voiture et un crĂąne rasĂ©, ou une poitrine surgonflĂ©e dans un maillot rouge, ce serait trop politiquement incorrect pour Universal Music Japan dont les actionnaires les plus conservateurs avaient dĂ©jà failli trĂ©passer d'effroi en voyant les Zwei faire semblant d'ĂȘtre sur le point de commencer à envisager de se tripoter vaguement le bout des doigts. Le rĂ©sultat est donc insipide comme rarement, complĂštement anecdotique, une masterpiece dans le genre des albums ultra-commerciaux qui n'ont pas la moindre chance de plaire à qui que ce soit, et donc de se vendre ne serait-ce qu'un peu. A oublier au plus vite.
Note : 2/10
single Mizrock - Good bye, yesterday
Mizrock - Good bye, yesterday : Cover
Mizrock - Good bye, yesterday : Cover 
Sortie le 25-07-2007
Infos : [CD+DVD] UPCH-29004 - 2.100 ¥
[CD] UPCH-20030 - 1.800 ¥
Tracklist : CD :

01- Good bye, yesterday
02- Beautiful Day
03- I
04- SMALL TOWN
05- Aisaretakute
06- Big Sky

DVD :

01- Good bye, yesterday (PV)
 

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