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single Motohiro Hata - Uroko
Par Shito, le 09-08-2007 à 00:34:00
Bien que le nombre de nouveaux artistes qui apparaissent chaque année sur le marché major soit en nette hausse ces dernières années par rapport à l'ère Namie Amuro et plus encore celle d'Ayumi Hamasaki, les vraies bonnes surprises parmi ces new comers restent relativement rares, en particulier en ce qui concerne les artistes solo masculins. Autant dire donc que lorsqu'il s'en présente une, il ne faut pas passer à côté. L'illustre inconnu incontournable de cette année 2007 se nomme Motohiro Hata, 27 ans bientôt, produit par Office Augusta, sous contrat avec BMG Japan, et qui signe un début de carrière remarqué, à la faveur d'un grain assez exceptionnel qui lui vaut le surnom de « Voix d'acier et de verre ». Et si son premier single SYNCHRO lui avait permis d'attirer sur lui l'attention des media, c'est pour ma part sur Uroko, son deuxième opus sorti en Juin dernier, que j'ai enfin eu droit à mon second coup de coeur Jpop de l'année, après celui du printemps pour le groupe GReeeeN. Il était temps !


Il faut dire que Motohiro Hata partait sur des bases solides, avec un parcours qui n'est pas sans rappeler une autre référence masculine en la personne de Naotarô Moriyama. Tous deux auteurs-compositeurs et interprètes formés à l'école des lives de rue, ils officient dans un registre pop/folk dominé par la guitare, et ont été remarquées sur le tard, essentiellement grâce à leur potentiel vocal, tout en continuant à travailler avec leur entourage habituel après leur passage en major. Mais la comparaison s'arrête là : car si Naotarô joue mise plutôt sur la carte de la poésie et son incroyable talent d'interprète, Motohiro est plutôt du genre charmeur sous de faux airs de timide un peu poupon, tout en restant, fort heureusement, loin du clan des chanteurs à minettes. Et puis sur le plan vocal également, les deux artistes n'ont pas grand chose en commun : le premier s'appuie essentiellement sur une technique pointue et une tessiture à l'étendue spectaculaire, là où le second capitalise plutôt sur une particularité qu'il a su travailler pour en faire son atout majeur.

■  Encore une chanson d'amour qui parle de poisson, qu'est-ce qu'ils ont tous ?

Uroko débute comme trois mille autres ballades pop/rock mid-tempo japonaises, de celles que pourraient chanter des dizaines de groupes soft rock comme REMIOROMEN ou SPITZ, avec quelques notes de piano, une ligne de basse, une ligne mélodique de guitares folk et électrique plus bateau que jamais et ces sempiternels violons qui suffiront sans doute à donner la nausée à une bonne moitié des auditeurs avertis. Et pourtant ce qui ne semblait être qu'une chanson ultra-classique parmi tant d'autres fait tout d'un coup dresser l'oreille lorsque débute le premier couplet : il suffit alors de deux toutes petites lignes de texte chantées par cette voix de gorge légèrement éraillée pour comprendre que cette chanson ultra-classique là sera une exception. Au fil qu'avance le premier couplet ainsi que le pont qui suit, ce grain vocal exquis s'impose de manière subtile sans jamais rompre le flow maîtrisé des paroles, auxquelles Motohiro insuffle une rythmique aux nuances intéressantes grâce à certaines syllabes avalées de manière là aussi assez atypique. Et puis vient le premier refrain et sa ritournelle-qui-fait-balancer-la-tête qui prend une dimension supplémentaire lorsque l'artiste fait étalage d'une aisance inattendue sur des notes plus élevées. Le lecteur affiche tout juste 2mn10 : c'est le temps qui aura suffi à Motohiro Hata pour convaincre, maintenant ne reste plus qu'à profiter.

Et bien évidemment, suivant la géniale recette des cartons du genre, le deuxième couplet/refrain s'enchaîne avec un accompagnement encore un peu plus chargé et une émotion encore un peu plus marquée. Motohiro y imprime sa touche avec une habileté incroyable, enchaînant les notes parfaitement tenues avec les portions les plus aigues où sa voix en vient naturellement se casser; mais loin de rompre l'harmonie du morceau, ces revirements ne font que renforcer encore l'impact déjà énorme de ce fameux grain « d'acier et de verre », comparable à celui de Masamune Kusano de SPITZ (encore eux) la nasalité en moins. Et comme le maître Kusano, Motohiro Hata se fait absolument déchirant sur le final, enchaînant après l'irrémédiable solo de guitare électrique sur un ultime refrain qui achève de vous broyer les tripes dans un étau. Une performance d'autant plus bluffante qu'elle était inattendue, et qui se paie qui plus est le luxe de ne pas être écrasante : car là où d'autres auraient mis le paquet sans compter, l'artiste opte pour un dosage tout en finesse en se lâchant juste ce qu'il faut pour faire son effet tout en laissant la classieuse impression d'en avoir encore sous le pied. Chapeau.

Pour ne rien gâcher la face B intitulée POOL, bien que clairement moins impressionnante que sa grande soeur, s'avère très jolie dans le registre des berceuses à la guitare, accompagnée celle-ci par quelques notes d'elepian. Et là à nouveau, c'est sans doute la voix de Motohiro, à la fois douce et granuleuse, qui fait tout le charme du morceau. Reste encore une troisième piste pour achever le tableau déjà plus que satisfaisant : Yoru wo buttobase, reprise d'une chanson du groupe ORIGINAL LOVE dans une version orchestrale aux accents jazzy, assez anecdotique quoique pas du tout désagréable.

Les compositions classiques ultra-commerciales qui se distinguent par une efficacité supérieure à la moyenne sont déjà de plus en plus difficiles à trouver; mais lorsqu'elles sont en plus livrées par un interprète à la voix sublime, inhabituelle sur le marché Jpop, et dont les nuances sont riches et maîtrisées, on aurait tort de faire la fine bouche. Voici en tout cas 48h que Uroko tourne en boucle dans ma playlist sans le moindre signe de lassitude, et la chose est suffisamment rare pour être soulignée. Compte-tenu du fait que le reste de la discographie de Motohiro Hata, sans atteindre le même impact énorme, est tout de même d'un niveau particulièrement appréciable au milieu des innombrables sorties insipides du genre, il est clair que ce bonhomme sera à surveiller avec attention, d'autant qu'il a la chance de connaître une ascension progressive sans être passé par un carton monumental sur une chanson emblématique qui l'aurait sans doute condamné à retomber ensuite dans l'anonymat le plus complet. La confirmation est attendue pour Septembre avec les sorties successives de son troisième single Aoichou ainsi que d'un premier album full length, intitulé CONTRAST, que j'attends avec impatience...

Visuel © BMG Japan / Office Augusta
Acheter Uroko sur Yesasia : version CD et version CD+DVD
Note : 10/10
single Motohiro Hata - Uroko
Motohiro Hata - Uroko : Cover
Motohiro Hata - Uroko : Cover 
Sortie le 06-06-2007
Infos : [CD+DVD] AUCK-19927~8 - 1575 ¥
[CD] AUCK-19019 - 1260 ¥
Tracklist : 01- Uroko
02- POOL
03- Yoru wo buttobase [ORIGINAL LOVE cover]
04- Uroko (backing track)
DVD : Premium OneMan LIVE DVD 2007/03/22 at Shibuya O-WEST!
 

Avis des lecteurs

killmana   Oui,une bonne révélation masculine 2007 (peut être la seule?)

Je m'explique : déjà avec son single SYNCHRO, il nous a fait part de ses capacitée vocales qui sont pour ma part remarquables et au dessus de ce que l'on nous refourgue ces dernières années (gros playback avec nos amis les Johnny's)

En effet si l'originalité n'est pas vraiment là (c'est du genre REMIOROMEN, je reconnais bien les mêmes mélodies, les violons....enfin c'est expliqué dans le commentaire, je vais pas continuer) on peut sentir que sa jolie voix le fait bien démarquer de son entourage.

Je supporte l'avis de Shito et je vous invite chaudement à écouter ce jeune espoir japonais.

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