mikan music reviews
album KOKIA - Uta ga chikara
Par Shito, le 25-07-2004 à 01:00:00
C'est avec énormément d'enthousiasme que j'ai accueilli l'annonce de la sortie de ce 4ème album de Kokia, 10 mois après l'incroyable opus précédent qui aujourd'hui encore tourne régulièrement dans ma platine CD. Un enthousiasme qui laissa toutefois rapidement place au doute après la publication par Victor d'extraits des titres de l'album sur le site officiel de l'artiste. Le moins que l'on puisse dire c'est que ces extraits ont fait l'unanimité contre eux dans le milieu des fans, qui attendaient donc ce disque au tournant.


Ceux qui Ă©taient là fin Novembre 2003 s'en souviennent peut-ĂŞtre : la critique de Remember Me, le 3ème album de Kokia, Ă©tait des plus Ă©logieuses. Et pour cause, puisque cet album Ă©tait et reste à mes yeux absolument parfait. Une succession de 15 titres tous plus beaux les uns que les autres, qui m'avaient littĂ©ralement scotchĂ©, et qui font de ce disque l'un de mes albums de rĂ©fĂ©rence absolue tous styles musicaux confondus. A suivi le single So much love for you, un cran en dessous des plus grands chefs d'oeuvre de l'album Ă©videmment, mais qui m'avait tout de mĂŞme charmĂ© par la joie de vivre qu'il dĂ©gageait, et la voix de Kokia toujours aussi jolie. MĂŞme si les faces B n'Ă©taient par contre pas du tout à la hauteur. Puis vint Yume ga chikara, thème officiel de l'Ă©quipe japonaise pour les JO d'Athènes 2004. Ce titre m'avait Ă©galement sĂ©duit de prime abord, la performance vocale de Kokia y Ă©tant une fois de plus particulièrement impressionnante. Mais le fait est que je m'en suis vite lassĂ©: trop de violons, trop de maniĂ©risme, trop de sentiment patriote, un vrai gĂ©nĂ©rique de feuilleton fleuve à 350 Ă©pisodes. Pas de quoi s'inquiĂ©ter toutefois par rapport à un futur album potentiel, dont la sortie a finalement Ă©tĂ© annoncĂ©e pour ce 21 Juillet, un peu à la surprise gĂ©nĂ©rale des fans qui ne l'attendaient pas de si tĂ´t. Les extraits publiĂ©s sur le site officiel de Kokia, comme mentionnĂ© plus tĂ´t, ont eu vite fait de semer le doute sur la qualitĂ© du disque à venir. Tout d'abord, face aux 73 minutes de l'opus prĂ©cĂ©dent, Kokia nous livre ici un album d'à peine 42mn. Sur les 10 titres que compte le CD, deux singles, une face B, et une nouvelle version d'un des singles. Soit un total de 6 inĂ©dits seulement, qui sur le plan musical paraissaient par ailleurs particulièrement lĂ©gers pour la plupart. Maintenant que l'album est sorti, il est temps de lever les doutes avec une revue de dĂ©tail.

01- Yume ga chikara (single version) : Il s'agit du dernier single en date de Kokia, thème officiel de l'Ă©quipe olympique japonaise à l'occasion des JO d'Athènes. Et la chanson a effectivement tout de l'hymne à la gloire des Hommes et à la beautĂ© du Sport: grands renforts de violons, de flutes, et de piano, rythme et mĂ©lodie dignes des gĂ©nĂ©riques des plus grandes sĂ©ries fleuves, choeurs et Ă©cho omniprĂ©sents - bref, tout est fait pour fĂ©dĂ©rer les foules. Et dans ce style, certes la voix de Kokia est absolument parfaite, mais les arrangements à la chaleur vraiment trop exagĂ©rĂ©e et la mĂ©lodie tout sauf originale ont tĂ´t fait de lasser l'auditeur. Au final, c'est donc sympa... sans plus.

02- a girl : Cette chanson est assez reprĂ©sentative de la couleur musicale globale de l'album : le rose bonbon. Kokia y chante de manière murmurĂ©e et douce, plutĂ´t jolie, mais sur un accompagnement envahissant fait de violons, de synthĂ©tiseur et de guitare, avec toujours un effet d'Ă©cho Ă©trange qui enrobe le tout de trois couches de guimauve. Le rĂ©sultat est mignon tout plein, tout à fait Ă©coutable, mais manque cruellement de charisme, de puissance, d'empreinte.

03- so much love for you : Par chance ce titre a eu droit à une sortie single, c'est sans doute ce qui l'a sauvĂ© car au milieu de l'album il serait beaucoup moins bien passĂ©. L'accompagnement est fait de piano et guitare sur un fond musical synthĂ©tique, avec nombreux choeurs. La performance vocale y est apprĂ©ciable, Kokia y chante des notes globalement très aigues, et les effets chorus arrivent au bon moment pour renforcer le tout. Mais c'est surtout la joie de vivre immense que dĂ©gage la piste qui m'a fait bonne impression à la sortie du single, accompagnĂ© par un clip ridicule mais qui ne pouvait que donner le sourire! Avec des arrangements un peu plus orchestraux et moins synthĂ©tisĂ©s, le rĂ©sultat aurait Ă©tĂ© encore bien meilleur toutefois.

04- Sora ni taiyou anata ni watashi : Voici une première vraie ballade sur cet album, globalement plutĂ´t rĂ©ussie qui plus est. L'accompagnement principal est à nouveau fait de piano et quelques notes de guitare, ainsi que des violons plus insistants sur le refrain. Ces instruments sont toutefois noyĂ©s dans une sorte d'aquarium acoustique permanent fait d'effets synthĂ©tiques qui confèrent une certaine richesse à la piste, mais richesse finalement bien trop envahissante. Le fond musical finit d'ailleurs par couvrir en partie la voix de Kokia, ce qui est d'autant plus grave que son chant ne gagne malheureusement pas en puissance au fur et à mesure de la chanson. Joli donc, mais frustrant.

05- PINCH wa chance : Soyons clairs: ce titre est une honte pure et simple. Kokia replonge là dans les travers des pires chansons ridicules de son premier album, le cĂ´tĂ© mignon en moins. Le titre ferait un parfait gĂ©nĂ©rique pour un anime pour enfants, du genre de ceux racontant le voyage initiatique d'un gamin sur les routes d'un pays plein d'animaux rigolos. Si ce n'est que chantĂ© avec le lyrisme caractĂ©risant Kokia, et accompagnĂ© de saxophone et autres cuivres, il en devient franchement insupportable. Si par hasard l'un d'entre vous tombait sur la maquette originale de ce titre, je lui serais très reconnaissant de la brĂ»ler dans les plus brefs dĂ©lais et sans le moindre Ă©tat d'âme. On ne sait jamais, la mode est aux reprises, il ne manquerait plus que d'autres artistes aient l'idĂ©e saugrenue de boucher un trou dans un album avec ce massacre...

06- kirar : iAllez savoir pourquoi, ma première impression à l'Ă©coute de ce titre fut: tiens il aurait Ă©tĂ© parfait sur TripTrip ! Une bonne chose donc, puisque ce deuxième album de Kokia Ă©tait une franche rĂ©ussite. Piano et guitare Ă©lectrique timide mais prĂ©sente sur rythme pop/rock caractĂ©risent cette chanson plutĂ´t bien fichue. Si ce n'est qu'une fois de plus la performance vocale est noyĂ©e dans l'accompagnement trop fouillis, ce qui s'avère d'autant plus dommage que la superposition de deux voix de Kokia sur le refrain rendait plutĂ´t bien. Après avoir brĂ»lĂ© la bande de la piste prĂ©cĂ©dente, je suggèrerais donc dĂ©finitivement d'interdire à l'arrangeur de ce disque l'exercice de sa profession, il a dĂ©jà gâchĂ© un bon paquet de chansons et l'album n'est pas encore fini...

07- give and take : Prenez les pistes de "Remember Me", quelques unes de TripTrip et les deux derniers singles en date. Mettez le tout dand un shaker et secouez vivement (très). Passez le mĂ©lange dans une passoire qui empĂŞchera l'Ă©coulement des plus grosses montĂ©es en puissance vocale, des notes les plus aigues, des plus beaux solos instrumentaux. Le filtrat doit ĂŞtre aussi lisse que possible, pas un poil qui dĂ©passe. Et voilà, vous obtenez "give and take", le prototype mĂŞme de la chanson "oui mais pas trop" de Kokia: rythmĂ©e mais pas trop, bien chantĂ©e mais pas trop, avec un accompagnement discret comme il faut mais pas trop, et surtout, surtout pas trop originale. Individuellement le titre n'est clairement pas dĂ©sagrĂ©able à l'Ă©coute, mais il vous en rappelera des dizaines d'autres sans jamais avoir le petit plus qui leur donnait tout leur intĂ©rĂŞt.

08- New season ~yume ni mukatte fuku kaze~ : Bien! On prend les mĂŞmes que dans la piste prĂ©cĂ©dente, et on recommence. Sauf qu'avant on redonne un bon coup de filtre encore plus restrictif, et tout ce qu'on enlève on le remplace par des synthĂ©tiseurs et autres petits samples Ă©lectroniques. Le rĂ©sultat c'est ce titre qui servait de face B au single de "so much love for you", et que dĂ©jà à l'Ă©poque j'avais trouvĂ© franchement insipide. Voilà, c'est le mot exact: insipise, ça n'a ni goĂ»t ni odeur, et qui plus est c'est niais à souhait. Oui c'est bien chantĂ©, mais bon, on commence à s'y faire, alors on devient plus exigeant, forcĂ©ment...

09- Utau hito : Oh, un piano! Oh tiens, la voix de Kokia, pure, sans distorsion synthĂ©tique! Oh, et surtout, ça reste comme ça tout le long de la piste ! Enfin une bonne nouvelle, il Ă©tait temps, on est au dernier inĂ©dit du disque... Il s'agit donc d'un piano-voix, agrĂ©mentĂ© de violons discrets et pour une fois tout à fait à propos sur les montĂ©es en puissance. Parce que montĂ©es en puissance il y a : il s'agit d'une ballade comme je les aime, oĂą Kokia part doucement avant de s'enflammer avec le lyrisme qui la caractĂ©rise, sur des notes qui plus est pas trop aigues pour rester dans le ton de l'accompagnement assez "soft". Le rĂ©sultat contraste Ă©normĂ©ment avec le reste de l'album ; certes on est encore loin du magistral I believe de l'album prĂ©cĂ©dent, mais nous avons là, et de loin, la meilleure piste du disque, et l'une des seules sinon la seule dans laquelle Kokia fait preuve d'un rĂ©el charisme, d'un rĂ©el talent, qui ne soit pas massacrĂ© par un accompagnement et des arrangements assourdissants et insipides. L'inespĂ©rĂ©e lueur d'espoir sans laquelle la dĂ©ception aurait Ă©tĂ© vraiment amère.

10- Yume ga chikara (Acoustic Version) (Bonus Track) : En guise de version acoustique, nous avons ici une version Ă©purĂ©e de la piste single, absolument pas rechantĂ©e pour l'occasion, à laquelle on a otĂ© l'ensemble des Ă©lĂ©ments synthĂ©tiques. La bonne nouvelle, c'est que l'accompagnement en devient beaucoup moins assourdissant et l'ensemble gagne un cĂ´tĂ© beaucoup plus authentique. Si tout l'album avait Ă©tĂ© arrangĂ© de la sorte, il aurait sans doute Ă©tĂ© dĂ©jà bien plus digeste. On redĂ©couvre donc un peu le titre, qui s'avère bien plus agrĂ©able à l'Ă©coute, mĂŞme si au final le cĂ´tĂ© trop fĂ©dĂ©rateur reste un dĂ©faut majeur.

Vous l'aurez compris, la dĂ©ception est bien prĂ©sente. Il va sans dire que l'album souffre horriblement de la comparaison avec son prĂ©decesseur, à l'issue duquel j'Ă©tais de toute façon dĂ©jà persuadĂ© qu'il Ă©tait impossible de faire mieux. Mais mĂŞme sur le plan individuel, ce disque souffre tout de mĂŞme de trop nombreux dĂ©fauts. La faute à qui? Probablement avant tout à l'arrangeur de l'album, qui a dĂ» se faire la main sur un CD d'Ai Otsuka ou dans un autre genre Mika Nakashima avant de rejoindre l'Ă©quipe de Kokia... Les accompagnements sont omniprĂ©sents, noyant la voix de Kokia dans un fouilli de sonoritĂ©s synthĂ©tiques acidulĂ©es. Ils voulaient un album chaleureux, ah ça pour ĂŞtre chaleureux il l'est ! Une vraie ambiance de salle de classe de CE1! Avec des arrangements plus orchestraux, plus orientĂ©s live, avec de vraies guitares Ă©lectriques libres de s'exprimer à leur guise, de vrais pianos au volume dĂ©passant les 20dB, et moins de violons synthĂ©tiques partout, l'album aurait Ă©tĂ© dĂ©jà radicalement diffĂ©rent. Là oĂą Remember Me Ă©tait à la fois variĂ© et homogène, une invitation au voyage, dans laquelle aucun titre ne venait jurer avec les autres et interrompre le plaisir de l'auditeur, et surtout dans lequel la musique Ă©tait au service intĂ©gral de la voix de Kokia elle mĂŞme utilisĂ©e comme instrument de musique à part entière, c'est ici tout à fait le contraire. Rien de bien original, à une exception près une Kokia partout très terne, sans personnalitĂ©, sans envolĂ©e lyrique digne de ce nom... Enfin sans tout ce qu'on aime chez elle! Nous dirons finalement que chacun disposant d'un droit à l'erreur, Kokia vient donc d'Ă©puiser le sien. EspĂ©rons qu'elle nous revienne bientĂ´t avec un nouveau titre digne de son potentiel extraordinaire, produit (pitiĂ©!) par une nouvelle Ă©quipe, qui nous fasse retrouver tant la personnalitĂ© que le charisme et le talent de compositeur et interprète de cette artiste hors du commun. En attendant, l'achat de cet album, globalement Ă©coutable, mais très dĂ©cevant venant de Kokia, n'est pas franchement conseillĂ©. Y compris et mĂŞme surtout pour les fans qui risqueraient de ne pas digĂ©rer la pilule. Au risque de me rĂ©pĂ©ter, Ă©coutez ou rĂ©Ă©coutez plutĂ´t ses albums prĂ©cĂ©dents, pour ma part je ne m'en lasse pas!
Note : 6/10
album KOKIA - Uta ga chikara
KOKIA - Uta ga chikara : Cover
Sortie le 21-07-2004
Infos : VICL-61437 (Victor) - 2490 ¥
Tracklist : 01- Yume ga chikara (single version)
02- a girl
03- so much love for you
04- Sora ni taiyou anata ni watashi
05- PINCH wa CHANCE
06- KIRAKI
07- give&take
08- New Season ~yume ni mukatte fuku kaze~
09- Utau hito
10- Yume ga chikara (acoustic version)
Crédits : (M-01,M-11) Arrangements : Akira Senjuu
(M-02,M-06) Arrangements : Ryousuke Nakanishi
(M-03~5,M-07) Arrangements : Daisuke Kahara
(M-08) Arrangements : KOKIAn'S
(M-09) Arrangements : Taisuke Sawachika
Utilisations : (M-01) Athens 2004 Japanese Team Theme Song
(M-01) ExelHuman CM Song
(M-03) Fuji TV "U ! Umai n desu" Theme Song
(M-08) "Zenkoku senmongakkou kouhou kenkyuukai" CM Song
 

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