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mikan music reviews
| album mini | BETTA FLASH - BETTA FLASH |
Par Shito, le 11-07-2008 à 19:26:00
Aux crédits de cet album, on retrouve TAMAYO dans le rôle de compositrice, parolière et arrangeuse. Après la fin de ses études, TAMAYO fut engagée par une boîte de création de jeux video, et c'est dans ce domaine qu'elle a mené l'essentiel de sa carrière. On ne s'étonnera donc pas de retrouver sur les morceaux de ce mini-album des thématiques sonores caractéristiques de certaines BO de RPG et autres jeux d'aventure, qui regorgent souvent de thèmes mêlant influences éthniques et sons synthétiques. Pour autant, le CD est loin de se limiter à cela. Déjà par le passé, le leitmotiv de TAMAYO était de relever le challenge de pouvoir exprimer son univers dans le cadre aux règles très strictes de la bande son de jeux. Aujourd'hui libérée de ces contraintes, et inspirée par la voix aérienne de la chanteuse Cyua, elle peut enfin laisser libre cours à son imagination, et nous livre ainsi un premier mini-album dont la principale qualité est sans doute la variété.
■ Intelligent Tribal Techno, terme pompeux pour bonne vieille electro-éthnique aux paroles inintelligibles ?
L'une des chansons les plus populaires en live de BETTA FLASH est aussi l'une des plus représentatives du style musical du duo : Nazaree est un morceau qui déploie un univers singulier, servi par des paroles aux tonalités mystiques sur la relativité de l'existence et le libre arbitre. Aux "couplets" très lents et ponctués d'incursions percussives industrielles succède une deuxième partie au chant arabisant, tandis que l'accompagnement s'enrichit d'instruments plus exotiques les uns que les autres : didgeridoo, bouzouk, djembé, tambourins, pour un final profond, pénétrant. A l'inverse, la chanson BETTA supposée servir d'hymne au duo est très alternative, un peu jazzy, et utilise l'artifice familier de ces voix qui dialoguent et se mélangent dans le lointain sur fond de bruits de vie quotidienne. De loin la piste la plus electro du CD, devant A Four Dimensional Smile qui s'ouvre sur des bases moins originales mais toujours aussi bourrées de personnalité : intro mélangeant cythare et sonorités presque dance, et puis très vite on dérive vers une ambiance synth-pop birkinienne, dont l'impression familière est renforcée par l'anglais à l'accent assez fidèle bien que les paroles restent paradoxalement toujours aussi difficilement intelligibles. .
On parlait de musiques de RPG, HORIZON ferait sans doute merveille dans le genre, d'autant qu'elle se distingue fortement du tout-venant du genre par un travail d'orfèvre côté production et des paroles à la portée symbolique forte. Le texte conte une histoire très ambivalente de monstre hideux rejeté par les hommes, qui ne sait pas quel est son chemin et ne peut qu'avancer en fixant l'horizon. Un destin plutôt sombre, et pourtant l'ambiance sonore est plutôt joyeuse, avec des airs un peu moyen-âgeux, un chant relativement enjoué et au débit rapide, de l'accordéon, charango, derbouka... L'album s'achève sur un autre morceau très éthnique mais cette fois plus ancré dans la tradition nippone : AGATA. Sa longueur inhabituelle de plus de 9mn s'explique par son concept : chantée intégralement en japonais, elle raconte en effet l'apparition des dieux primitifs Izanagi et Izanami, les Adam et Eve nippons. Pour le coup le morceau adopte logiquement un chant plus solennel, plus planant, plus riche en vibrato et en chorus aussi. Une oeuvre puissante, bien que sur le plan des arrangements elle ne surprenne pas vraiment, d'autres groupes plus commerciaux comme Rin' ayant joué la carte du mélange des instruments traditionnels et des sonorités et rythmiques electro il y a déjà longtemps.
Sans mériter que l'on crie au chef-d'oeuvre, BETTA FLASH nous livre ici un premier mini-album tout à fait convaincant, très varié, et d'une qualité de production sans commune mesure avec ce que l'on aurait pu craindre d'une unité dont l'histoire est autant ancrée dans l'univers du jeu video et de l'animation. La superbe voix claire et maîtrisée de Cyua en est l'une des pièces maîtresses, qui contribue à la fois à l'atmosphère planante générale et à l'humanisation de compositions très éthérées. Un pari réussi donc, mais dont on comprend qu'il soit difficile à adapter sur scène tant le background instrumental est riche en instruments souvent exotiques. Rendez-vous si tout va bien d'ici la fin de l'année pour confirmer cette bonne impression avec un premier album full length !
Note : 8.5/10
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