mikan music reviews
album mini Shigi - Kyoumei
Par Shito, le 16-12-2008 à 13:40:00
Contrairement à ce qu'affirment beaucoup de gens qui n'y connaissent rien, la scène musicale japonaise est probablement l'une des plus riches du monde. Les arguments démontrant cette thèse sont légions, mais je n'en illustrerai qu'un ici. Prenez donc le cas des artistes féminines : je vous mets au défi de trouver un pays dans lequel il existe des braillements féminins aux nuances aussi variées ! Peu importe que ces braillardes chantent juste, ce que les fans recherchent c'est l'authenticité. Faut que ça sente les tripes putréfiées et la sueur. Ca se comprend en même temps : pas besoin d'aller jusqu'au Japon pour écouter un mauvais playback vocodé, une perf de Britney Spears un vendredi soir sur TF1 fait parfaitement l'affaire. La sortie du premier mini-album de Shigi, dernier modèle de braillarde en date de la marque Sony, est l'occasion d'un petit tour d'horizon.

Au royaume des braillardes la Reine des Reines n'est pas Ayu, n'en déplaise à ses détracteurs les plus fervents. La Reine s'appelle Shiina Ringo. Elle est probablement l'interprète la plus talentueuse qu'ait connu l'archipel. Elle est aussi de loin la plus insupportable (ou la plus géniale, c'est au choix), en cela que ses jérémiades s'apparentent au miaulement terrorisé d'un Aristochat en pleine séance de torture, sous la houlette d'un Jack Bauer qui aurait, depuis longtemps, dépassé les bornes. Ah ça, celle qui surclassera Shiina dans sa capacité à communiquer sa douleur n'est pas encore née.

Là où Shiina fait figure de Reine de Pique, la Reine de Coeur se nomme YUKI. Voilà longtemps que YUKI est irrécupérable, mais allez savoir pourquoi, on l'aime quand même. Il faut dire qu'avec sa dentition dissipée, son petit air coquin, et ses piaillements nasillards tantôt ultra-cute, tantôt complètement grinçants, mais toujours très faux, l'ex-chanteuse de JUDY & MARY possède une personnalité attachante unique. Dans le même genre en beaucoup moins classe, Ai Ôtsuka donne plutôt envie de distribuer des paires de baffes. Son sourire hypocrite et ses bêlements d'agneau shooté à l'hélium, tirant régulièrement sur la hyène rieuse, crissent d'autant plus à l'oreille qu'ils sont posés sur des mélodies terroristes abrutissantes. Tant qu'on est dans la ménagerie, évacuons en passant les cas de Mika Nakashima l'otarie asthmatique, ou encore Ayumi Hamasaki dont les cancannements nasillards sont tellement faux que ses propres oreilles ont fini par dire stop, là où celles du fils d'Eriko Imai (SPEED) ne se sont jamais remises des beuglements de sa mère. Et pourtant, toutes ont leurs fans !

■  Par pitiĂ©, pas la camisole !!

En ce qui me concerne, mes préférences vont à Hikaru Utada et ses chevrotements trop-mi-gnons, Salyu et ses vagissements génétiquement pas tout à fait terminés, Yuna Ito que les hautes fréquences ont malheureusement rendue folle à en juger par ses dernières photos, Hitomi Yaida et Nanase Aikawa qui vont faire tailler chaque matin leurs cordes vocales chez le barbier des ZZ Top, ou encore KOKIA, cas particulier de hurleuse qui a dû apprendre la justesse pour éviter de briser les miroirs dans lesquels elle aime tant se regarder chanter. Mais mon coup de coeur du moment, il est pour Shigi, braillarde psychopathe récemment recrutée par Sony. N'ayons pas peur des mots : en voilà une dont le potentiel est exceptionnel. Shigi partage avec la reine Shiina ce goût des choses sombres et ce grain de folie assez effrayant, bien que pas encore tout à fait mûr. Le single Shoumei qui ouvre le mini-album avait déjà placé la barre très haut, et sa version acoustique en fin de disque fait dresser les poils sur les bras, bien droits au garde-à-vous, tandis que cette chanteuse complètement cinglée vous engueule littéralement. Le coffre et l'engagement total de l'artiste font merveille sur des ballades comme Hanarebanare et surtout Omoi no mama, dont les refrains déchirants sont d'une intensité impressionnante. Le chef d'oeuvre de l'album s'appelle toutefois Shiroi yami, un morceau rock halluciné à la construction assez étrange, où Shigi tire des notes gutturales phénoménales sur un accompagnement brouillon du meilleur effet; mention spéciale pour la portion a capella finale, monstrueuse. Un bijou, sans le moindre temps mort !

Vous cherchiez une baby-sitter pour garder vos lardons ingérables ? Oubliez Super Nanny, embauchez Shigi : à votre retour les petits monstres seront devenus des anges, qui vous sauteront dans les bras en vous promettant de ne plus jamais faire la moindre bêtise. Et pourtant écouter Shigi n'est pas une punition, loin de là. Car si elle beugle, c'est avec ses tripes. Si elle chante parfois très faux, c'est parce qu'elle se donne à fond pour atteindre VOS tripes. Et si elle est chez Sony, les dégâts ne sont par chance pas trop importants : certes on abuse un peu sur les violons, l'égalisation des guitares est un peu lissée et la promo est complètement à côté de la plaque, mais la folie de l'artiste n'est globalement pas trop étouffée dans l'oeuf. On ne peut que souhaiter que cette psychopathe au talent évident puisse faire mûrir un peu son art dans des conditions optimales : cela augurerait de très, très grands moments de rock féminin comme la scène japonaise n'en propose plus depuis pas mal de temps...

Commander l'album sur CDJapan ou Yesasia.
Note : 9.5/10
album mini Shigi - Kyoumei
Shigi - Kyoumei : Cover
Sortie le 12-11-2008
Infos : ESCL-3131 - 1529¥
Tracklist : 01- Shoumei
02- Omoi no Mama
03- Shiroi Yami
04- Hanarebanare
05- Boku no Taiyou
06- Shoumei (Hikigatari Version)
 

Avis des lecteurs


marmotteyoda
  Ça faisait un bail qu'on avait pas entendu une nouvelle artiste ayant une si grande puissance vocale. Et qu'est ce que ça fait du bien !

Que ce soit au niveau des ballades où franchement elle se débrouille très bien (il suffit de le constater en écoutant Hanarebanare), c'est bien dans le registre rock où on l'apprécie encore plus. Le passage a capella que l'on entend dans Shiroi Yami est à dresser les poils des bras (du moins pour la première écoute) tandis que Omoi no Mama est pleine d'émotion. Enfin, Boku no Taiyou est à mon avis ni rock, ni ballade, je trouve ce morceau tout simplement dansant.

Une artiste à suivre de très près !

Epikt
  Première rĂ©action : euh...
Deuxième réaction : bon, ok, je réécoute l’album.
Troisième réaction : bah non je m’étais pas trompé.

Ça fait illusion trente secondes mais c’est sans grand intérêt (c’est mieux en live, comme on peut le voir avec la vidéo postée sur la critique du single), de la ballade rock standard avec une chanteuse qui pousse sa voix par dessus. Certes elle a du coffre, mais plus que les guitares lisses son chant aplani et uniformise totalement la chose.

La comparaison avec Shiina Ringo relève de l’escroquerie (en plus du blasphème). Ses aficionados doivent être prévenus que si comparaison il y a à faire, c’est plutôt avec certaines chanteuses que tu cites comme préférence, pour le coup à peine « rockisées ».

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