mikan music reviews
album Ayaka Ikio - RE: ACID QUEEN
Par Colorful, le 08-04-2009 à 22:59:00
Ayaka Ikio est une artiste nouvellement arrivée sur la scène electro japonaise. Elle est en parallèle mannequin, apparaissant dans des magazines de mode pour jeunes filles, et se lance aujourd'hui corps et âme dans la musique électronique. Pour ce faire, elle a reçu les services d'un des bras droits de Fantastic Plastic Machine, Masayuki Kumahara. Ce dernier façonna pour elle une musique qui ressemble bien peu à celle des starlettes actuelles de l'electro, j'ai nommé Perfume. Bien plus expérimentale, plus travaillée, plus licencieuse et globalement plus variée, sa musique adopte un style adulte et rejette le trio electro-pop au rang de fillettes pré-pubères.

Dès sa sortie, Ayaka aura eu droit à tous les poncifs que subissent les artistes electro à leurs sorties: "elle ne chante pas, vu que sa voix est trafiquée"; "elle "surfe" sur la mode electro, lancée notamment par les dernières productions Yasutaka Nakata"; "c'est une copie conforme des Perfume*"... C'est toujours le même refrain, il y en a toujours pour dire du mal, mais la plupart du temps, ces gens-là ne prennent même pas le temps d'écouter l'album, c'est tout juste s'ils ont essayé de regarder le PV de Spin Me Round sur MySpace. Les mêmes évidemment qui écoutent le dernier Koda Kumi en boucle depuis le jour de sa sortie. Le bon goût doit se retourner dans sa tombe.

■  "Elle ne chante pas, vu que sa voix est trafiquée"

Premièrement, qu'Ayaka Ikio ne chante pas n'est pas une vraie excuse pour ne pas l'aimer : Madonna non plus ne sait pas chanter, et pourtant elle est acclamée à chacun de ses concerts. Pourquoi se forcer quand on ne sait pas chanter, à l'instar de toutes ces idoles qui poussent la chansonnette ? Il existe des dizaines de solutions: hurler à la YUKI, susurrer à la Kahimi Karie, ou tout simplement parler. Ayaka a décidé d'expérimenter chacune des méthodes une par unes, pour savoir laquelle pouvait être la plus efficace. Il s'avère que tous les essais de la belle sont payants. Le fil conducteur se dessine dès l'introduction: Ayaka "remixe", "reconstruit", mais "respecte" aussi les bases de son style musical fait de morceaux déstructurés mais efficaces. Le morceau Pain Killer illustre parfaitement cette constatation : pas de refrain à proprement parler, Ayaka ne chante pas vraiment, c'est plutôt la mélodie, entêtante au possible, qui domine tout le long de la chanson. La voix d'Ayaka n'est plus qu'un instrument parmi d'autres, que le DJ démembre à la façon d'un remix. Chanter n'est qu'une barrière de plus, il faut avancer et faire fi des convenances préétablies par les standards de la pop japonaise. Et d'ailleurs, pourquoi chanter en japonais, comme font toutes les autres, autant tout faire en anglais ! Au final, seule la chanson de promotion Spin me Round a le droit à des paroles en japonais, et ceci sûrement pour ne pas dérouter les éventuels amateurs japonais de musique électronique.

■  "Elle "surfe" sur la mode electro, lancée notamment par les dernières productions Yasutaka Nakata"

Deuxièmement, Ayaka ne "surfe" pas sur une mode. Que l'electro soit un une mode n'est qu'un fantasme de blogueurs frustrés. Si ça avait été une mode, les ventes seraient excellentes, et pourtant du classement Oricon, RE: ACID QUEEN n'en a jamais vu la couleur. Et puis ce n'est pas avec 5 ou 6 artistes tout au plus, dont 3 gravitant autour du seul Yasutaka Nakata, qu'on peut créer une mode. Non, Ayaka ne copie pas cette mode, elle l'adapte à ses envies. Je ne crois pas qu'on verra un jour les Perfume chanter sur des mélodies âpres et déstructurées comme on peut l'entendre tout au long de l'album. LoLLyPoP, par exemple, aurait très bien pu figurer sur le dernier single d'HALCALI. Sa rythmique, tout droit sortie des années 80 mais anéantie de façon à ce qu'elle corresponde aux sonorités actuelles, et la voix d'Ayaka donne à la chanson une saveur acide. De plus, ce qui fait que RE:ACID QUEEN s'écarte des autres productions électroniques japonaises, c'est que les chansons qui la composent n'ont pas pour unique but de faire danser dans les chaumières, les paroles et le travail musical ont aussi toute leur importance. Et quelles paroles ! Le refrain de LoLLyPoP notamment n'est pas a mettre entre toutes les mains : Ayaka insulte son homme et lui dit qu'elle sera sa playmate et qu'il pourra lécher sa sucette, jusqu'à ce que ses parents se pointent, ce qui ne semble cependant pas freiner les ardeurs d'Ayaka... Et ce n'est que la partie la moins sulfureuse de la chanson, voire de l'album puisque la plupart des chansons sont orientées vers le dessous de la ceinture... En définitive, sa musique s'inscrirait plus dans la continuité des dernières productions occidentales en la matière, notamment celle de groupes comme New Young Pony Club ou CSS.

■  "C'est une copie conforme des Perfume*"

Enfin, ce n'est pas parce que les Perfume sont connues que forcément tout le monde cherchera à les copier... Et ce n'est pas parce que c'est de l'electro que forcément c'est la même chose. Pour la même raison on ne qualifiera pas la moindre chanson de Namie Amuro où sa voix est trafiquée d'electro. On pourra mettre un beau nœud à un cochon, au final ce sera toujours un cochon. Le monde de la musique électronique est bien plus ouvert que certains veulent le croire. Et puis bien des artistes electro faisaient du Perfume avant que Yasutaka Nakata ne booste leur carrière. La seule différence était que ces artistes-là ne bénéficiaient pas de l'exposition médiatique dont bénéficient aujourd'hui les Perfume, et par là ne pouvaient pas retenir l'attention des fans de Jpop commerciale qui, comme les mites, ne sont attirés que par la lumière artificielle.

Ayaka Ikio est l'illustration parfaite de ce que les artistes electro japonais nouvellement arrivés sur le marché ont à subir des fans de musique occidentaux : du dédain principalement, mais aussi une accumulation d'a priori qui feraient se retourner la carrière de Koda Kumi dans sa tombe. Le style d'Ayaka n'a définitivement rien à voir avec les productions actuelles, et franchit des barrières jusque là rarement ne serait-ce qu'effleurées. De par ses compositions audacieuses et l'aspect scandaleux de ses paroles, RE: ACID QUEEN ouvre de nouvelles voies dans la musique électronique japonaise, en regardant avec dédain la pop gentillette des Perfume et autres Sweet Vacation. Seul le remix, en fin d'album, vient rompre cette unité qui fait de l'album d'Ayaka un précurseur : sa fadeur, tout comme ses arrangements quelque peu cliché, parviennent à ôter toute sa crédibilité à Spin me Round, et toute efficacité à son refrain.
D'autre part, on peut aussi se demander si l'idée d'inclure des paroles fortement imprégnées de sexe ne résulte pas plutôt d'une démarche plus proche du fan-service. En effet, les magazines où Ayaka fait des apparitions ont pour principal public des adolescentes à la mode, et le style potentiellement dérangeant des mannequins de son agence a tendance à ternir cette image novatrice. L'avenir nous dira si cette constatation s'avère correcte.



Vous pouvez commander l'album sur CDJapan.
Note : 8.5/10
album Ayaka Ikio - RE: ACID QUEEN
Ayaka Ikio - Re:ACID QUEEN : Cover
Sortie le 14-01-2009
Infos : rep-014 - 2800¥
Tracklist : 01- RE :
02- SpinMe Round
03- Mess Up My Body
04- LoLLy PoP
05- Pain Killer
06- Spiral Storage
07- Spin Me Round (cargo REMIX)
 

Donner votre avis

Pour donner votre avis sur ce disque merci de vous connecter (login et mot de passe du forum).

Haut de page
Layout :
zone membre
Connectez-vous avec vos identifiants du forum :

login

password

Connexion permanente

Inscription - Mot de passe perdu
Actuellement 88 visiteurs sur le site
publicité
L'Arc~en~Ciel live in Paris DVD
partenaires
Nos partenaires :

Jpopdb CDJapan Yesasia Last.fm SOUNDLICIOUS Wasabi Records J-music Distribution J-music Live J-music Store Higashi Music Orient-Extreme Memorial Hamasaki Anna et Olivia Jmusic Collection AyuAngel French Capsule EMIKO SHIRATORI RURUTIA ARAI AKINO Not Your God


Voir tous les partenaires
recherche
publicité