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mikan music reviews
| album | 101A - One day |
Par Shito, le 05-11-2006 à 23:19:00
Après un premier opus assez court, voici enfin un album full length de 101A grâce auquel il va être possible de voir se développer l'univers du groupe de manière un peu plus poussée. Auteurs, compositeurs et interprètes de tous leurs morceaux (noah et the K se partageant la composition, tandis que noah écrit les paroles et the K s'occupe des arrangements), les deux artistes ne s'en sont pas moins bien entourés pour ce disque, faisant notamment appel au batteur Kenichi Shirane (collaborateur de BONNIE PINK notamment) et à Rena Koyanagi de chez avex (qui a mixé plusieurs CDs de Kumi Koda, Do As Infinity,...) pour le mastering. On retrouve sur one day deux morceaux déjà présents sur 01 : Aerial dans une version au mixage légèrement différent, et grief coast pour le coup complètement réarrangée, plus courte, moins industrielle, et qui n'est pas sans rappeler certains des morceaux les plus sombres des Cranberries.
■ Vocalises et rêves ethérés
L'album s'ouvre sur une piste d'intro purement destinée à plonger l'auditeur dans un univers sonore particulier, une sorte de western post-moderne, de space opera dans lequel les sonorités électro résonnent dans le vide environnant. love less se charge toutefois dès la première seconde de remplir à nouveau l'espace sonore, combinant élégamment guitares, ligne de basse pesante, batterie riche en cymbales, et vocalises renvoyées par un écho lointain, pour former un mélange electro-rock assez brouillon à première vue, mais dont toute la nuance apparaît au fil des écoutes.
Avec silent ballet on trouve sur cet album une nouvelle piste modèle pour représenter le style musical de 101A : couplets épurés où le chant de noah est à mi-chemin entre la prière et la vocalise, à peine relevée de quelques notes éparses de basse ou de guitare, et refrains plus chargés où les guitares électriques commencent à saturer tandis que la chanteuse prend son envol dans des aigus doux et parfaitement maîtrisés. Le résultat est merveilleusement planant. Dans un registre similaire draw fait l'effet d'une progression lente et mécanique dans une parenthèse hors du temps, servie par un écho vaporeux sur la voix de noah et un background instrumental de quatre notes répétées en boucle aux effets hypnotiques.
■ OVNI et Guitares saturés
Mais l'une des forces de 101A c'est aussi de savoir faire parfaitement cohabiter son ange et son démon, son côté clair et son côté sombre. sex slave, quasi-instrumentale, rappelle quelque peu l'ambiance du premier album par ses sonorités industrielles et son loop de guitare électrique assez dark. Le morceau lorgne en fait du côté de Prodigy tout en s'en démarquant suffisamment pour rester efficace sans souffrir de la comparaison avec cette formation mythique. Toutefois c'est surtout Jane Doe qui interloque, cette fois non pas sur le plan instrumental (finalement relativement soft toujours dans cette atmosphère industrielle), mais sur le plan des paroles, autour d'un thème d'actualité puisque la chanson évoque une femme qui a noyé son enfant...
Avec Corona, 101A revient à des choses moins singulières mais au moins aussi efficaces dans un registre purement rock, sans toutefois perdre en personnalité : on pense alors à Olivia, dont la voix se rapproche d'ailleurs beaucoup de celle de noah sur ce morceau. A l'inverse, l'album se finit sur un petit OVNI, neo, qui conjugue avec beaucoup de classe éléments jazzy sur les couplets et mélodie rock chargée sur les refrains purement instrumentaux, où le saxophone lutte au loin au milieu des guitares.
Au final, ce second album de 101A s'avère nettement plus varié que le premier, qui courte durée oblige restait cantonné à une alternance -certes très bien menée- entre les passages planants et les rengaines plus lourdes. Cette fois le duo a nuancé ses propos et donné encore plus de maturité à ses compositions, servies par des arrangements de qualité et un mixage particulièrement travaillé. Le résultat perd un peu en efficacité pure mais prend alors des allures de travail d'orfèvre on ne peut plus plaisant à décortiquer au fil des écoutes, et sans nul doute taillé pour être sublimé en live. C'est donc avec une impatience non dissimulée que l'on attend de découvrir ce que vont donner tous ces morceaux sur scène à l'occasion du passage prochain de 101A en France !
Note : 8/10
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