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album ELLEGARDEN - ELEVEN FIRE CRACKERS
Par T'CharleS, le 14-11-2005 à 23:24:00
Avant, un nouvel album d'ELLEGARDEN c'Ă©tait simple : on savait que c'Ă©tait court mais bon, que c'Ă©tait homogène et sans surprise et qu'on pouvait toujours s'en glisser un derrière l'oreille en vitesse histoire de faire monter artificiellement son taux d'endorphines. Seulement voilà, si on peut toujours faire les choses à la hussarde, c'est quand mĂŞme mieux de prendre le temps de les faire avec soin. Et c'est d'autant plus vrai que ELEVEN FIRE CRACKERS, le dernier opus du groupe, fait preuve d'une maturitĂ© artistique renforcĂ©e, d'une production soignĂ©e... et à ce titre mĂ©rite bien quelques prĂ©liminaires !


Le premier choc vient du design de l'album : il faut croire que l'appel d'offre fait par le groupe auprès des fans aura porté ses fruits car si le graphisme n'est ni original ni renversant, il est d'une sobriété et d'un dépouillement qu'on n'avait pas vu depuis Yubiwa, le 2e single du quatuor. Le deuxième choc c'est la tracklist construite comme celle d'un concert, introduction comprise. On pourrait prendre ça pour un détail insignifiant mais il n'en est rien car l'enchaînement des pistes permet de mettre en valeur des morceaux comme Salamander qui peuvent laisser perplexe quand on les écoute séparément. Et puisque j'évoquais les préparatifs d'usage : baissez donc la lumière, réglez l'égaliseur sur la position "Concert Hall" et enfilez vos baskets "special pogo nippon" parce qu'ELEVEN FIRE CRACKERS est un disque studio mais s'écoute d'une traite, comme un live.

Konbanwa, ERUREGAADEN desu!

A peine le bouton play enclenchĂ©, les guitares et la basse rĂ©sonnent crescendo : 40 secondes de sustain et de la distortion pendant lesquels on imagine sans peine nos quatre gaillards prenant leurs marques sur la scène. Mais la claque vient sans prĂ©venir : sans transition les basses de Fire Cracker dĂ©boulent comme un crochet au ventre, ne laissant la primautĂ© aux guitares qu'avant le refrain. Seule la voix de Takeshi apporte une touche de douceur dans cet univers organique et brut de dĂ©coffrage. Une petite merveille qui prend aux tripes et dont on comprend tout de suite que, plĂ©biscitĂ©e par les fans pendant les concerts, elle ait donnĂ© son nom à l'album et ses onzes pistes !

Pas le temps de se remettre que dĂ©marre Space Sonic, qui après Fire Cracker prend une coloration plus sombre et revancharde que sur le single si bien que l'on redĂ©couvre cette piste Ă©clipsĂ©e à l'Ă©poque par l'excellent Stereoman. Puis vient Acropolis, alliant des couplets dĂ©pouillĂ©s et un son qui pousse à l'urgence à des refrains qui ont quelque chose d'un Bare Foot . Un contraste qui sonne comme celui de l'espoir dans les tĂ©nèbres, un appel à vivre tant qu'il est temps, au rythme de la batterie qui s'emballe dès que cesse le leitmotiv de la chanson : "Our time is running out so fast".

On enchaĂ®ne avec Winter, une ballade mid-tempo bruyante et marquĂ©e par une grosse caisse incessante qui s'en tire correctement dans son rĂ´le d'intermède. On regrettera toutefois de ne pas entendre tous les membres du groupe sur cette piste qui gagnerait à avoir des choeurs, surtout sur le refrain. Ceci Ă©tant, les Ă©tats d'âme des plus difficiles à satisfaire disparaitront dès les premières notes de Gunpowder Valentine qui joue la carte du punk-rock pur et dur. En fait s'il n'y avait la voix de Takeshi et le pont musical presque vide d'instruments comme à l'accoutumĂ©e on pourrait croire le morceau sorti de la discographie d'un groupe comme Bad Religion, et si ça ne rend pas intelligent ça tape suffisament pour vider un crâne de toute pensĂ©e autre que sauter sur place et secouer la tĂŞte !

On entame la deuxième moitiĂ© de l'album avec ASH qui reprend la recette de Gunpowder Valentine mais cette fois-ci à la sauce ELLEGARDEN : guitare aux aigus mĂ©talliques, riffs tranquilles pendant les couplets et la traditionnelle explosion sur le refrain. Et comme d'habitude, on connait la chanson et c'est pour ça qu'on en redemande ! Mais ce n'est pas fini puisque tant qu'à faire du punk bruyant, le groupe a eu la bonne idĂ©e d'enchaĂ®ner sur Salamander qui, tout comme Space Sonic prĂ©cĂ©demment, est considĂ©rablement mise en valeur par la tracklist. De plus, l'Ă©galisation du morceau a Ă©tĂ© très lĂ©gèrement revue et on sent mieux le lĂ©ger effet d'Ă©cho qui est du meilleur goĂ»t. Enfin, le caractère tĂ©nĂ©breux de la piste crĂ©e un joli contraste avec le morceau suivant : Koukasen, rock mid-tempo à la coloration très claire à l'instar des productions de l'Ă©poque de BRING YOUR BOARD!!. La chanson est un vĂ©ritable petit retour aux sources qui devrait mettre des sourires sur les visages des fans alors que le disque touche bientĂ´t à sa fin.

Encore ! Encore !

Eh oui, on l'avait presque oubliĂ© mais ce n'est pas un vrai concert entier ! Adieu l'heure et demie de Doggy Bags et bienvenue la grosse demi-heure des albums d'ELLEGARDEN ! Mais comme on ne saurait dire au revoir sans un bis et un ter, le groupe nous offre en guise d'encore deux pistes de plus. La première est le redoutablement efficace Alternative Plans qui, cerise sur le gâteau, a Ă©tĂ© augmentĂ© d'une petite introduction acoustique...comme dans les lives ! La chanson elle-mĂŞme est inchangĂ©e pour notre plus grand bonheur et sa prĂ©sence d'autant plus apprĂ©ciable que Stereoman est absente du disque. Car non, ce n'est pas ce morceau qui clĂ´t l'opus mais Marie, gĂ©nial inĂ©dit aux allures d'un Kaze no Hi survitaminĂ© et qui parvient à rĂ©aliser l'exploit de voler la vedette à Alternative Plans. Un concurrent de choix pour STAR FISH et Make A Wish dans le rĂ´le de la piste d'introduction ou de conclusion ultra-fĂ©dĂ©ratrice, et un vĂ©ritable bonheur pour tous les fans en cette fin d'album. Et puis outroduction oblige, le morceau se conclut par des guitares qui miaulent et saturent... longtemps !

Un album 100% studio mais composĂ© comme un mini-concert, l'idĂ©e pouvait paraĂ®tre dĂ©placĂ©e mais pas pour ELLEGARDEN qui trouve au contraire là un moyen de sublimer une production d'ordinaire plus neutre, voire un tantinet aseptisĂ©e. Un essai transformĂ© avec brio pour ce disque qui rĂ©ussit à tirer le meilleur de chacune des chansons au point d'en faire redĂ©couvrir certaines et qui se paie le luxe de paraĂ®tre plus homogène que RIOT ON THE GRILL alors qu'il est en rĂ©alitĂ© plus variĂ© et plus innovant. On pourra bien sĂ»r regretter l'absence de Stereoman, ce qui aura au moins pour effet de conserver les ventes du single Space Sonic à la hausse (enfin une dĂ©cision marketing comprĂ©hensible de la part du groupe !). Mais au final le seul vrai tort de cet album c'est d'ĂŞtre à l'image d'un cĂ©lèbre biscuit au chocolat : "c'est tellement bon que c'est trop court !"

Illustrations © DYNAMORD
Note : 9/10
album ELLEGARDEN - ELEVEN FIRE CRACKERS
ELLEGARDEN - ELEVEN FIRE CRACKERS : Cover
Sortie le 08-11-2006
Infos : ZEDY-2017 - 2520 ¥
Tracklist : 01- Opening
02- Fire Cracker
03- Space Sonic
04- Acropolis
05- Winter
06- Gunpowder Valentine
07- ASH
08- Salamander
09- Koukasen
10- Alternative Plans
11- Marie
Crédits : Paroles : Takeshi HOSOMI
Musique : Takeshi HOSOMI
 

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